Ibn Khaldoun, père de la philosophie de l’histoire et de la sociologie…

Abou Zeid Abd Er-Rahman, dit Ibn Khaldun, est le premier à avoir conçu une philosophie de l’histoire et le premier qui a élevé l’histoire et les sociétés humaines au rang de science. C’est en s’intéressant de très près aux structures et aux évolutions des sociétés qu’il est considéré comme l’un des premiers théoriciens de l’histoire des civilisations et le père fondateur de la sociologie.

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Ibn Khaldoun est un historien, géographe, économiste, démographe, homme politique et père fondateur de la sociologie, même si l’occident considère Émile Durkheim comme celui qui a donné un sens plus noble à la sociologie. Né en 1332 à Tunis et descend d’une grande famille andalouse d’origine yéménite, chassée de la péninsule ibérique par la Reconquista, Il bénéficit dès son plus jeune âge d’une éducation de base de très grande qualité, qu’il a complété à l’université Zitouna à Tunis puis plus tard à l’université d’Al Quaraouiyine à Fès. Il commence par étudier rigoureusement la langue arabe classique nécessaire à la compréhension du Coran, aux hadiths et à la jurisprudence islamique. Puis il est introduit aux mathématiques, à la logique et à la philosophie par Al-Abuli, grand philosophe de l’époque qui devient son maître favori.

Durant de nombreuses années, Ibn Khaldoun a vécu énormément d’expériences dans les postes clés du pouvoir, avec beaucoup d’intrigues, des bouleversements, des changements d’obédiences d’un Sultan à un autre et d’un royaume à un autre, de Tunis à Fès en passant par Le Caire où il passera d’ailleurs le restant de sa vie à rédiger son oeuvre et à enseigner. En 1374, Ibn Khaldoun prend la décision de se retirer de la politique et de se consacrer à la réflexion et à la production intellectuelle. Il s’attelle donc à la rédaction de son oeuvre majeure qui est « Le livre des exemples ». Mais ce qui sera fondamental, et ce qui sera l’oeuvre pionnière d’Ibn Khaldoun, c’est la Muqqaddima, qu’on traduit en français par les Prolégomènes…C’est dans ce cadre qu’il a élaboré sa théorie cyclique des civilisations et qu’il a pu affirmer que ce n’est pas l’individu qui fait l’histoire, mais la société. Il est considéré, à cet égard, comme le fondateur de la sociologie politique.

Sa méthode d’analyse des phénomènes sociaux et politiques est en avance de plusieurs siècles sur la pensée européenne de la fin du Moyen Age. Mais aujourd’hui, au sein du monde arabo-musulman, son œuvre est dénigrée par certains islamistes. C’est dans la Muqadimma (« Discours sur l’histoire universelle »), introduction de son livre majeur Kitab al-‘ibar (« Histoire des Arabes, des Persans et des Berbères »), qu’Ibn Khaldun a exposé sa notion d’histoire cyclique. Selon lui, « les empires ainsi que les hommes ont leur vie propre. (…) Ils grandissent, arrivent à l’âge de maturité, puis commencent à décliner. (…) En général, la durée de vie [des empires] (…) ne dépasse pas trois générations [cent vingt ans environ] ».

Tout au long de son œuvre, il souligne la discipline rationnelle à laquelle doivent s’astreindre ceux qui exercent le métier d’historien : l’examen et la vérification des faits, l’investigation des causes qui les ont produits, la connaissance profonde de la manière dont les événements se sont passés. En raison de sa rigueur, le système théorique mis au point par Ibn Khaldun est applicable à toute époque et à toute situation historique. C’est pourquoi, bien que n’évoquant que le Maghreb, il affirme écrire une « histoire universelle. »On le considère aussi comme l’un des premiers théoriciens de l’économie moderne.

Il avait noté que la valeur d’un produit dérive de la quantité de travail nécessaire à sa production. Et il a souligné l’interrelation entre les facteurs économiques, politiques, sociaux et démographiques.Le grand historien britannique Arnold Toynbee a dit d’Ibn Khaldun qu’il a « conçu et formulé une philosophie de l’histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été produit par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays ». C’était ça les musulmans d’avant, ceux-ci n’avait pas un « esprit de parti » comme le dit Ibn Kaldhun, car l’esprit de parti nous empêche de voir avec l’œil de la critique constructive.

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Aslam ibn Abass, de son vrai nom Kamagaté Abass est de nationalité ivoirienne. Géographe de formation, il se présente comme un critique et un analyste. C'est fort de cela qu'il s'intéresse à l'histoire, aux relations internationales et à la géopolitique, puisque la géographie est ce qui définit selon lui l'histoire et la politique des régions du monde. Ainsi pour lui c'est la formation de l'espace qui nous permet de comprendre le monde. Aslam ibn Abass étudie également la théologie, où il se pose comme un disciple de la pensée réformiste du professeur Tariq Ramadan. Il est l'un des administrateurs des pages dédiées à la cause de ce dernier. Passionné de savoir, Aslam ibn Abass s'intéresse à tous les domaines du savoir notamment la philosophie, la poésie la science... et bien d'autres. Il a accepté de partager ses analyses sur kirinapost.

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