Déces de Abdullah Ibrahim, figure emblématique du jazz et soutien inconditionnel de la lutte anti-apartheid

Le pianiste et compositeur de jazz sud-africain Abdullah Ibrahim est décédé aujourd’hui, le 15 juin 2026, à l’âge de 91 ans. Figure emblématique du jazz et soutien inconditionnel de la lutte anti-apartheid, Ibrahim fut un des musiciens les plus influents du continent africain et et une légende de la musique  mondiale.

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Abdullah Ibrahim, le « Mozart » Sud-africain

Abdullah Ibrahim (né Adolph Johannes Brand le 9 octobre 1934), connu en début de carrière sous le nom de Dollar Brand, avant sa conversion à l’Islam en 1968, s’est éteint paisiblement entouré de sa famille en Allemagne, des suites d’une courte maladie », a annoncé sa famille dans son communiqué relayé par l’AFP lundi soir.

La vie de Abdullah Ibrahim est une vie d’exil. Né en 1934, il grandit dans une Afrique du Sud raciste. Lui, le garçon metis subit la catégorisation de la population sud-africaine. En 1962, l’année de l’arrestation de Nelson Mandela, Abdullah Ibrahim quitte le pays et s’exile entre la Suisse et la France. C’est en Suisse qu’il fut repéré par Duke Ellington qui l’invita à Paris pour des séances de studio avant de l’amener avec lui aux États-Unis.

Entre 1968 et la fin des années 1970, il rentre au Cap mais le durcissement continu du régime ségrégationniste l’oblige à quitter à nouveau son pays natal pour s’installer entre l’Europe et les États-Unis.

L’enfant du Cap qui a pris des cours de piano dès ses 7 ans, sous l’influence de sa grand-mère et de sa mère, pianiste à l’église et pour des projections de films muets, a fait ses débuts professionnels à 15 ans, jouant avec de grands ensembles de swing. Puis, il forme son premier groupe, le Dollar Brand Trio, à 24 ans. En 1959, il rejoint le septet The Jazz Epistles, qui compte aussi le trompettiste Hugh Masekela (1939-2018), et enregistre le premier album d’un groupe sud-africain noir.

Lorsqu’il s’nstalle à New York, il se produit avec l’orchestre de « Duke », et étudie la composition à la prestigieuse Juilliard School. Il côtoie d’autres jazzmen.

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Musicien engagé et soutien de la lutte anti-apartheid

Peu bavard, cet homme élancé aux gestes doux va developper une façon de jouer unique influencée par sa conversion à l’Islam et sa pratique ses arts martiaux : ceinture noire en karaté ayant étudié les arts martiaux toute sa vie.

Abdullah Ibrahim qui jouait outre le piano au saxophone et à la flûte, cherchait une « harmonie spirituelle » qui a profondément influencé son approche musicale, caractérisée par la méditation, le mysticisme et une économie des notes.

Soutient indéfectible du mouvement anti-apartheid, Ibrahim pianiste a utilisé sa musique comme arme de résistance à l’oppression. Son morceau « Mannenberg » est devenu d’ailleurs un hymne officieux contre la ségrégation.

La célébrité ne l’a jamais fait courir. En 2024, il affirmait que devenir célèbre n’avait jamais été pour lui un objectif. Ses compositions parlent de ce qu’il « connaît le mieux », comme le lui avait recommandé un professeur de lycée : « Ma famille, mes amis, là où j’ai grandi. »

Revenu en Afrique du Sud après la sortie de prison de Mandela qui l’appelait « notre Mozart« , il jouera à l’investiture de Madiba comme président de la république. Il en profitera pour ouvrir une école de musique pour les jeunes sud-africains.

Depuis 2012, le pianiste qui a joué dans plus de 70 albums,  en plus de six décennies de carrière, s’était installé en Bavière (Allemagne) à Prien am Chiemsee. C’est en Bavière qu’il a fermé les yeux pour la dernière fois. Ses obsèques se tiendront également en Bavière, dans la commune voisine d’Aschau.

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La dernière représentation d’Abdullah Ibrahim a eu lieu dans sa ville natale du Cap en mars.

En mars dernier, il s’était rendu dans son pays et il avait joué alors une ultime fois devant le public sud-africain lors du festival international de jazz du Cap, sa ville de naissance. Tout un symbole ! Un moment d’émotion et un retrait de la scène en apothéose !

 

 

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