Israël limite les livraisons de gaz à Gaza ; nous devons brûler du plastique toxique pour cuisiner

Ces émanations nauséabondes imprègnent nos aliments de leur odeur. L’inhalation quotidienne de ces fumées toxiques issues de la combustion des plastiques nous tue à petit feu. Source : Truthout, Nour Abo Aisha Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Avant le cessez-le-feu de l’année dernière, Israël a imposé à Gaza un siège total et rigoureux qui a empêché l’entrée dans la bande de Gaza d’innombrables produits de première nécessité, notamment le gaz ménager. Cependant, après la signature de l’accord Witkoff en octobre 2025, qui comportait une clause humanitaire autorisant l’entrée de 600 camions par jour, dont 50 destinés au carburant et au gaz ménager, nous, les Gazaouis, pensions que nous pourrions enfin utiliser un gaz sain et sûr et que nos souffrances liées à la recherche de solutions de remplacement pour cuisiner prendraient fin.

Cependant, l’occupation israélienne a mis en place une politique de rationnement et a considérablement réduit le nombre de camions de gaz convenu, réduisant ainsi cette clause à de simples mots sur le papier. Aujourd’hui, le « cycle de distribution du gaz » est régi par un rythme lent où chaque famille est desservie une fois tous les trois mois ou en fonction des quantités autorisées à passer par tranches. À chaque fois, une bouteille contenant à peine 8 kilogrammes de gaz est achetée pour 75 shekels, soit 25 dollars. Selon des déclarations du bureau de presse du gouvernement de Gaza citées par le site d’information Ultra Palestine (Ultrasawt), la demande de base de Gaza en gaz ménager, dans des conditions normales, se situe entre 400 et 500 tonnes de gaz par jour — cette quantité est nécessaire pour approvisionner les foyers, les boulangeries et les hôpitaux. Or, la quantité de gaz ménager qui entre effectivement à Gaza ne dépasse actuellement pas 120 tonnes — soit moins d’un tiers du minimum nécessaire à la survie.

Aujourd’hui, près de trois ans après le début de la guerre du 7 octobre, les femmes de Gaza sont contraintes d’ordonner à leurs enfants de ramasser des sacs en plastique, des tuyaux d’arrosage parmi les décombres des maisons détruites, des emballages alimentaires usagés, des tissus et des chaussures pour les brûler comme combustible afin de préparer leurs repas. Il y a une pénurie totale de bois de chauffage en raison de sa consommation excessive et de ses prix élevés. Pour cuisiner, les femmes sont donc contraintes de s’asseoir directement sous un soleil de plomb, à côté de leurs tentes, et de respirer les émanations toxiques dégagées par ces matériaux, ce qui a entraîné de graves problèmes de santé, psychologiques et respiratoires. Leur corps est exposé quotidiennement à des risques liés à l’inhalation de toxines, dans un contexte de troubles psychologiques graves résultant de la comparaison inévitable entre les joies de la vie d’avant-guerre et la tragédie vécue aujourd’hui.

Je ne me souviens plus combien de fois j’ai dit à ma mère : « Je suffoque dans tous les sens du terme, et si je ne meurs pas sous les bombardements, ces gaz mortels finiront par m’emporter », tandis qu’elle allumait le feu et plaçait des tuyaux en plastique sous ce poêle de fortune pour préparer le déjeuner. Les toxines imprègnent la nourriture de leur odeur, ce qui fait de celle-ci un simple moyen de survivre, et non plus un plaisir.

« Je suffoque au sens propre comme au figuré, et si je ne meurs pas sous les bombardements, ces gaz mortels auront raison de moi. »

Ma mère ne peut pas cuisiner au gaz tous les jours sans vider la bouteille en deux semaines ; nous allons donc devoir attendre notre tour sur la liste pendant deux mois entiers. En hiver, je n’arrivais jamais à allumer le feu de la cuisinière, qui s’éteignait sans cesse, et je me disais avec regret : « Pourquoi suis-je condamné à toutes ces souffrances simplement pour réchauffer un peu d’eau afin de me laver ? »

Cependant, en écoutant les témoignages des femmes dans les tentes, j’ai pris conscience que mes petits tracas avaient perdu de leur importance face à leurs souffrances. Les corps épuisés de nombreuses femmes sont engagés dans un combat physique acharné en raison du manque de gaz ménager, ce qui représente bien plus qu’une simple difficulté supplémentaire dans le quotidien. Lire La Suite ICI 

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