Sénégal : L’Exception d’une Démocratie vitale

Ce qui se passe au Sénégal entre les différents pouvoirs, est inédit et mérite une lecture transversale et très lucide des faits. 

Le régime Politique du Sénégal est un régime semi – Présidentiel à dominante Présidentiel. D’emblée il faut souligner que c’est en 1962 avec Senghor et son Premier Ministre d’antan Mamadou Dia que la nature du régime Politique a changé pour des raisons politiques.

C’est la fin du régime parlementaire bicéphale et la suppression du poste de Premier Ministre. Le Président Senghor voulait une mainmise totale de l’Éxécutif sur le Législatif après la crise de confiance avec Mamadou Dia.Cette restructuration architecturale de notre lanterneau Politique avec des répercussions drastiques sur le rapport Éxécutif/ Législatif.

De fait, tout Président élu doit chercher une majorité confortable à L’Assemblée Nationale pour dérouler son Programme. La  » détention  » de l’Assemblée Nationale est devenue une obsession de Gouvernance pour les présidents successifs.

En plus de ses prérogatives régaliennes le Président de la République veut toujours une subordination du Législatif. Quelles conséquences Politiques ?

Signalons qu’un Pays a besoin d’Institutions fortes qui agissent en impartialité et en complémentarité. Le  » Jeu  » de l’équilibre du Pouvoir est primordial pour la continuité de L’ÉTAT. La subordination du Législatif à l’Éxécutif créée le déséquilibre institutionnel du Pouvoir objet de tous les abus.

Dans une Démocratie comme la nôtre c’est un exercice périlleux et presque suicidaire. D’une Démocratie tant vantée la ligne peut paraître fine vers le totalitarisme. Comme le disait Montesquieu dans l ‘Esprit des Lois ( 1748) dixit :  » Le Pouvoir arrête le Pouvoir « .

Chaque Pouvoir est un contre Pouvoir dans la complémentarité et la responsabilité partagées. C’est cette nouvelle dynamique Politique que nous assistons au Sénégal. Nous assistons à un Pouvoir Législatif non phagocyté à l’Éxécutif.

Le Pouvoir Législatif doit jouer pleinement son rôle de Contrôle des Politiques Publiques. Les conflits d’intérêts se déplacent.

Contrairement aux alarmistes, aux réactionnaires ou autres conservateurs et nostalgiques, notre Démocratie doit se renforcer continuellement.

Avec toutes les dérives qui se sont passées sous nos cieux nous avons besoin d’Institutions fortes et à fortiori indépendantes et complémentaires.

Que chaque Pouvoir assume ses Prérogatives. Ce n’est pas chimérique ni utopiste ou encore moins idéaliste, au Sénégal tout Pouvoir doit être arrêté par le Pouvoir.

 

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Alioune Barada Kandji est un sociologue de formation. Spécialisé en Sociologie des Organisations, il est extrêmement intéressé par l'étude sur les dynamiques de groupe. Kandji intervient dans des entreprises, des associations ou groupements pour leur permettre d'améliorer leur fonctionnement. Par ailleurs, le sociologue travaille sur les questions économiques, politiques, sociales et culturelles. Sur Kirina, il partage sa réflexion sur les dynamiques, les tremblements et les étapes successives de l'évolution des faits sociaux au Sénégal et en Afrique.

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