L’Institut Français de Nouakchott va accueillir l’avant-première, le 31 octobre prochain, la projection de « Defricheuses de voies », le film documentaire réalisé par Salimata Ba autour de la vie de quatre Mauritanniennes pionnières des luttes pour les droits des femmes et les droits humains en Mauritanie.

« Defricheuses de voies» le 30 octobre prochain, à l’Institut Français de Mauritanie
Quatre femmes, quatre trajectoires, un seul combat: les droits humains. Voilà le film que propose la réalisatrice Salimata Ba en collaboration avec Initiative pour la Santé Reproductive (ISR).
«Le film nous plonge dans les parcours de vie de feue Aïssata Kane, d’Aminetou Mint Moctar, de maître Fatimata Mbaye et de Zeinabou Taleb Moussa. À travers leurs histoires, c’est tout un pan de l’histoire de la Mauritanie qui est touché» explique la réalisatrice fortement engagée dans la valorisation des récits africains.
Feue Aïssata Kane, première femme mauritanienne à diriger un ministère, celui de la Protection de la famille et des Affaires sociales, elle est l’auteure de plusieurs réformes marquantes.
Aminetou Mint El Moctar est présidente de l’Association des femmes chefs de ménage. « Avant tout, je milite pour le changement », déclare El Moctar. Tant que l’impunité, la discrimination, l’esclavage, le racisme continuent d’exister» déclarait-elle, malgré la fatwa prononcée à son encontre en 2014. El Moctar continue d’appeler à l’égalité devant la loi.
Fatimata Mbaye est la première avocate mauritanienne. En 1991, elle créa l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) qui la fera connaître, jusqu’à devenir vice-présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH).
Depuis octobre 2023, elle siège, sur décision du Secrétaire général des Nations-Unies qui l’a nommée, au Conseil d’Administration du Fonds des Contributions Volontaires sur les Formes Contemporaines d’Ésclavage.
Zeinabou Taleb Moussa est Sage-femme de formation. Confrontée chaque jour aux conditions dramatiques que vivent beaucoup de femmes et de nouveau-nés, elle a pris conscience de l’urgence d’agir. À la tête de l’Association Mauritanienne de la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME), qu’elle a fondé, elle est devenue un pilier de la lutte contre les violence faites aux femmes et aux enfants.« J’ai compris que le silence cautionne la douleur. Il fallait parler, même si cela dérangeait. Ce n’est pas une bataille contre les traditions, mais un combat pour la dignité, la santé et l’avenir de nos filles » soutien-elle. Aujourd’hui, la militante siège au sein du prestigieux Comité des droits de l’enfant des Nations-Unies.
Quatre femmes, quatre parcours, une seule volonté : celle de permettre aux générations futures de vivre dans un pays sans discrimination. Elles ont su interpeller autorités publiques et religieuses, agir auprès des populations et participer à l’éveil des consciences.
Defricheuses de voies est un film important dans le parcours, déjà plein de promesses, de la réalisatrice et productrice (en cours le long-métrage Mémoire d’une Fédération dans lequel, elle est productrice), Salimata Ba.
Après Siftor ! (2025), film documentaire de 46 minutes, dans lequel, elle explore, à travers le rituel d’un baptême, les fragments de mémoire et les traditions matriarcales d’une communauté noire en Mauritanie, Salimata Ba met en exergue la vie de 4 femmes d’exception dans la lutte pour l’égalité et les droits humains.
Titulaire d’un Master en sociologie de l’Université de Nouakchott et d’un master de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, elle se spécialise ensuite en Cinéma et Réalisation Audiovisuelle de Création (CIRAC) au sein de la même institution sénégalaise avant de participer à plusieurs résidences d’écriture et de fréquenter régulièrement les événements cinématographiques du continent et d’ailleurs.








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