À la suite du discours du président Trump devant l’Assemblée générale des Nations-Unies, l’économiste et consultant spécial auprès du secrétaire général de L’ONU, Jeffrey Sachs, a appelé les membres du Congrès américain à user de leur pouvoir pour stopper la folie guerrière de Donad. Source : Investigaction

Donald Trump lors de la 81eme session de l’Assemblée générale des Nations-Unies ©AFP
Chers membres du Congrès,
Dans des propos véritablement délirants adressés aux dirigeants mondiaux à l’ONU, Donald Trump a déclaré :
“J’ai une décision importante à prendre, celle de négocier un accord avec l’Iran” ou, au contraire, d’“anéantir la République islamique” et de précipiter l’Iran “dans un enfer ‘sans espoir de survie’”.
Il a présenté ce choix comme une décision personnelle. Que le peuple américain soit farouchement opposé à la guerre de Trump n’a strictement aucune importance. Quant aux électeurs, il a ajouté qu’il n’accorde “absolument aucun crédit” aux prochaines élections de mi-mandat pour décider de ses actions et du sort de l’Iran.Guerre et conflit
Rien ne contraint ce président. Il n’est lié ni par la loi, ni par la Constitution, ni par la Charte des Nations unies, ni par l’opinion publique nationale ou internationale. Lorsqu’on lui a demandé en début d’année s’il existe des limites à son pouvoir, il a répondu :
“Oui, il y en a une. Ma propre morale. Mon intelligence. Elles seules peuvent m’arrêter”.
Trump a ouvert son discours en évoquant le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance, saluant la liberté américaine. Or, le fait est que l’autoritarisme de Trump dépasse de loin celui du roi George III, contre lequel les colonies s’étaient rebellées. Parmi les accusations portées par les Pères fondateurs contre le “roi fou” George, figurait celle-ci :
“Il a cherché à rendre l’armée indépendante du pouvoir civil et à la faire prévaloir sur celui-ci”.
Pourtant, notre propre roi fou a décidé que la survie de toute une civilisation est entre ses seules mains.
Trump s’enhardit dans son mépris du Congrès parce que ses membres républicains ont abdiqué leurs responsabilités constitutionnelles, terrifiés par leur propre président, et ont abandonné leurs électeurs au profit des avantages électoraux offerts par l’AIPAC et le complexe militaro-industriel.
La Constitution est sans ambiguïté quant à la responsabilité du Congrès. L’article I, section 8, attribue au Congrès, et non au président, le pouvoir exclusif de déclarer la guerre. Ce n’est ni un choix ni une option. La Constitution ne dit pas que le Congrès peut faire le mort et laisser le président déclarer la guerre. Les Pères fondateurs ont fait ce choix délibérément, car ils rejetaient explicitement le pouvoir d’un roi de mener la nation à la guerre.
Dans le Fédéraliste n° 69, Hamilton a assuré au public que les pouvoirs de guerre du président seront bien moindres que ceux du monarque britannique. Madison a clairement énoncé ce principe dans une lettre adressée à Jefferson en 1798 :
“La Constitution part du principe, comme le démontre l’histoire de tous les gouvernements, que le pouvoir exécutif est la branche du pouvoir la plus encline à la guerre et la plus susceptible d’y recourir. C’est pourquoi elle a, avec un soin minutieux, confié la question de la guerre au pouvoir législatif.”
La conception minutieuse des Pères fondateurs a été bouleversée par la soumission anticonstitutionnelle des membres républicains du Congrès à Trump et au complexe militaro-industriel-numérique. Et oui, sous les présidents démocrates, la plupart des membres démocrates du Congrès ont également fermé les yeux lorsque ces présidents ont choisi d’entrer en guerre.
La guerre contre l’Iran est une folie de Trump, certes, mais aussi une honte pour le Congrès qui n’a pas cherché à l’empêcher. C’est une guerre sans objectif qui a causé des souffrances massives en Iran, des dépenses directement liées s’élevant à des dizaines de milliards de dollars, et des dégâts colossaux aux bases militaires américaines dans huit pays du Moyen-Orient.
Le blocus du détroit d’Ormuz a fait flamber les prix mondiaux et américains du pétrole, du gaz, des engrais et plus encore. Et le monde a bien pris note que l’Iran peut résister à l’agression américaine, même au prix de grands sacrifices pour le peuple iranien et la région. Lire la Suite ICI








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