Fonds secrets, fonds politiques : entre surenchère politicienne et réalités dérogatoires

Devant l’Assemblée nationale, Ousmane révélait il y a quelques semaines avoir bénéficié de « fonds politiques » de 1,770 milliard de francs CFA durant son passage à la Primature. En relançant le sujet ce week-end sur la RTS, le ministre du Pétrole et des Énergies, Abdourahmane Diouf, a confirmé le montant — probablement trimestriel — avant de réclamer une commission d’enquête parlementaire sur l’usage de ces sommes, insinuant même qu’une rallonge avait été demandée. C’était au cours de l’émission «En Vérité ». Source: Momar Dieng pour Impacts 

Les fonds visés par Abdourahmane Diouf sont la face politique des « fonds spéciaux ». L’autre versant est dédié aux secrets d’Etat et à la sécurité. Les crédits de ces fonds sont votés par les députés lors de chaque session budgétaire annuelle (entre septembre et décembre). En raison de leur nature, ils sont généralement logés dans des rubriques qui ne font référence ni à des « fonds politiques » ni à des «fonds secrets».

Pour l’exercice 2026, le budget de la Primature s’élève à 30,9 milliards de francs CFA. Selon nos investigations, les enveloppes à usage discrétionnaire y sont logées dans la rubrique « Transferts courants », et plus précisément sous l’intitulé comptable : « Transferts courants / Secours et interventions ». Une ligne élastique qui englobe aides sociales, secours d’urgence et interventions diverses.

À la Présidence de la République, dont le budget 2026 s’établit à environ 205 milliards de francs CFA, la logique est identique. Les fonds politiques y sont dissimulés sous les « Transferts courants et Fonds de secours », tandis que les fonds secrets opérationnels apparaissent sous l’appellation « Dépenses de souveraineté et Sécurité ».

Dans la tradition budgétaire sénégalaise, les fonds spéciaux sont rigoureusement frappés du Sceau de l’opacité. Le Président de la République, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale ne sont nullement tenus de justifier les dépenses qu’ils font des sommes reçues. Tous les régimes s’en sont accommodés. Et cela ne risque pas de changer de sitôt au regard de la posture affichée par le Président Diomaye Faye sur la question. La Suite ICI

 

 

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