Des documents internes de l’entreprise examinés par The Intercept montrent qu’Israël a exhorté Facebook et Instagram à supprimer les publications soutenant l’Iran. Source : The Intercept, Sam Biddle, Les-Crises

Un quartier résidentiel touché par un missile balistique iranien à Arad, dans le sud d’Israël, le 22 mars 2026. ©The Yomiuri Shimbun via AP Images
Le gouvernement israélien a demandé à Meta de censurer les contenus publiés sur les réseaux sociaux concernant la guerre qu’il mène actuellement contre l’Iran, selon des documents internes consultés par The Intercept.
Les documents de l’entreprise montrent qu’Israël a demandé à Meta de supprimer les publications sur Facebook et Instagram exprimant un soutien à l’Iran, une opposition à Israël, et même des images montrant les impacts de missiles iraniens.
Le gouvernement a signalé divers contenus liés à la guerre, notamment des publications déplorant la mort de l’ayatollah Khamenei suite à son assassinat par les États-Unis et Israël le jour même du début du conflit, des contenus soutenant les attaques de représailles iraniennes, ainsi que des comptes iraniens partageant des analyses militaires et de la propagande favorables au point de vue du régime iranien.
Les gouvernements qui cherchent à réprimer les discours critiques à l’égard de leurs efforts de guerre, c’est une pratique aussi vieille que le monde.
Dans certains cas, Meta s’est conformée aux demandes de censure, comme le montrent les documents, bien que l’on ignore pour quels motifs. Meta affirme qu’elle ne supprime que les contenus lorsque la loi l’exige ou ceux qui enfreignent ses règles en matière de liberté d’expression.
Interrogée sur le nombre de demandes de retrait liées à l’Iran qui avaient été acceptées à ce jour depuis le début de la guerre, l’entreprise n’a pas répondu. Le ministère israélien de la Justice, qui soumet des demandes de retrait aux plateformes de réseaux sociaux, n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Le lobbying israélien auprès des réseaux sociaux n’est pas nouveau. Depuis des années, le pays s’appuie sur ses relations étroites avec Meta pour faire pression en faveur d’une application ciblée des règles de modération des contenus de l’entreprise.
Selon son site web, le bureau du procureur général d’Israël dépose régulièrement des plaintes auprès des plateformes de réseaux sociaux au nom des agences de sécurité de l’État concernant des contenus jugés illégaux ou censés promouvoir le « terrorisme. » Dans les documents examinés par The Intercept, le bureau n’a, dans certains cas, pas allégué que les contenus publiés sur les réseaux sociaux enfreignaient la loi israélienne. Il a plutôt demandé que des publications ou des comptes soient supprimés au motif qu’ils enfreignaient le règlement de modération des contenus de Meta.
Meta, par exemple, qualifie le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) « d’organisation dangereuse » et interdit à ses utilisateurs de tenir des propos favorables à ses actions sous de nombreuses formes. Cela signifie que les publications soutenant les tirs de missiles en représailles menés par le CGRI, par exemple, pourraient enfreindre les règles de l’entreprise. Aucune interdiction de ce type n’existe pour les utilisateurs qui publient des messages favorables aux armées américaine ou israélienne.
Meta n’a pas répondu aux questions concernant les demandes relatives à la guerre en Iran, mais son porte-parole, Daniel Roberts, a fourni une déclaration à The Intercept. « Tout le monde peut signaler un contenu qu’il estime contraire à nos règles. Peu importe qui signale un contenu ou de quelle manière, nous l’évaluons en fonction de nos politiques, qui définissent ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas sur notre plateforme. Il est erroné et irresponsable de laisser entendre que ces demandes sont, d’une quelconque manière, inhabituelles ou inappropriées. » Lire La Suite ICI








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