Le lendemain d’une défaite, tout le monde est sélectionneur. Mais cette fois, á beau défendre notre coach national, une partie du procès que le grand public lui intente depuis hier mardi ,16 juin 2026, suite à la défaite du Sénégal face à la France, tient la route.
Lors de la première journée du groupe I de la Coupe du monde 2026, le Sénégal a été battu par la France 3 buts à 1.
Après une première mi-temps quasi parfaite, maîtrisé de bout en bout (tactiquement surtout), le début de la deuxième montrait déjà les signe d’une équipe de France plus entreprenante mais surtout une équipe du Sénégal déclinante
Les faits d’abord
Alors qu’une réaction s’imposait pour endiguer la déferlante, Pape Thiaw est resté visiblement impassible.
Premier changement sénégalais : 76e minute. Deuxième : 83e. Troisième : 88e. Une équipe qui s’effondrait physiquement depuis la 60e minute — et un banc qui n’a réagi qu’à la 76e.
En Coupe du Monde, les changements à la 76e ne changent pas les matchs. Ils les gèrent. Ce n’est pas la même chose.
Autre point spécifique
Gana Gueye — 131 sélections, 36 ans — sorti à la 88e après un mois et demi de cassure. Après avoir été dépassé depuis la 65e. Pourquoi si tard ? La réponse s’appelle la hiérarchie des vestiaires.
Sortir Gana Gueye à la 60e d’un Mondial contre la France — c’est un acte d’autorité que peu de sélectionneurs osent poser face à une légende vivante. Pape Thiaw a instillé une philosophie résiliente et défensivement solide dans ce groupe — mais ce soir, la dépendance aux vétérans a coûté le match.
Ibrahim Mbaye est entré à la 76e. Il a immédiatement marqué les esprits. Pour certains, ce but dit tout sur ce qu’on a raté. Mais soyons justes.
La première mi-temps était tactiquement brillante — neutraliser la France à 0.02 xG, produire 5 tirs contre 1. Ce n’est pas le travail d’un coach perdant.
Pape Thiaw était dans ce vestiaire sénégalais en 2002 quand les Lions ont renversé la France. Il sait ce que ces matchs représentent. La profondeur de banc ne lui donnait pas le même luxe que Deschamps. Quand il sort Camara pour Diarra, il sort Monaco pour Sunderland. Dans une moindre mesure, ce n’est pas la même chose que sortir Dembélé pour Barcola. La qualité individuelle n’est pas la même. On répondra que sortir Ismaela Sarr pour Ibrahim Mbaye n’est pas mal non plus…le débat est ouvert…
Le vrai verdict
Pape Thiaw n’a pas coaché un mauvais match. Il a excellemment coaché la moitié d’un match et la moitié d’un match catastrophique en termes de gestion. La critique sur les changements tardifs est légitime et documentée.
Lorsque son capitaine, Koulibaly auteur de 45 minutes de haute facture avec Gana et Pape Gueye, avoue à la fin du match, être juste physiquement avant le début de la partie – Les matchs amicaux avaient envoyé le signal- on se demande pourquoi Thiaw n’a pas fait les changements dés la mi-temps ? Surtout que lui sait que le niveau auquel son équipe à jouer en première période a demandé une débauche d’énergie démentielle.
La critique sur les vétérans touche à quelque chose de profondément africain, le respect des anciens, la hiérarchie du vestiaire. Ce n’est pas une excuse. C’est une explication. Et un problème structurel à résoudre avant le 22 juin. Parce que la Norvège d’Haaland n’aura aucun respect pour nos légendes. Une coupe du monde se joue en équipe et dans la solidarité.
Pape Thiaw a prouvé qu’il est un tacticien capable de surprendre les meilleurs. Il doit maintenant prouver qu’il est un gestionnaire capable de prendre les décisions difficiles au bon moment.
En Coupe du Monde, les matchs se gagnent et se perdent dans ces minutes-là. Le talent est dans l’équipe. Les 26 lions ont du talent. Le courage doit être sur le banc.








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