Les forces iraniennes ont endommagé ou détruit des centaines de cibles sur des bases américaines depuis le début de la guerre, causant des dégâts bien plus importants que ce qu’avait précédemment indiqué le gouvernement américain, comme le révèlent de nouveaux reportages s’appuyant sur des images satellites. L’analyse de ces images réalisée par le Washington Post montre qu’au moins 228 installations ont été touchées par l’Iran depuis le début de la guerre, notamment « des hangars, des casernes, des dépôts de carburant, des avions ainsi que des équipements clés de radar, de communication et de défense aérienne. »Source : Sharon Zhang, Truthout, Les Crises
Au total, sur les 15 bases américaines de la région, 217 structures et 11 équipements ont été touchés, selon l’article. Cette évaluation n’est pas exhaustive, précise le journal, et pourrait omettre des dégâts qui ne sont pas visibles sur les images utilisées pour cette analyse.
L’analyse a été réalisée à partir de plus de 100 images satellites haute résolution publiées par des agences affiliées à l’État iranien, précise la publication, et recoupées avec des images de plus faible résolution, ce qui a confirmé qu’aucune des images iraniennes n’avait été manipulée. Les images satellites se font rares aux États-Unis en raison de la censure exercée par des entreprises privées à la demande du gouvernement américain.
« Les experts qui ont examiné l’analyse du Post ont déclaré que les dégâts constatés sur les sites suggéraient que l’armée américaine avait sous-estimé les capacités de ciblage de l’Iran, ne s’était pas suffisamment adaptée à la guerre moderne des drones et avait laissé certaines bases insuffisamment protégées » indique le reportage du Post. Les photos des dégâts suggèrent que les frappes étaient d’une grande précision, ont déclaré les experts, les bombes ayant touché leurs cibles sans laisser de cratères aléatoires.
Les dégâts causés aux installations pourraient faire grimper les coûts estimés de la guerre encore plus haut que ce qui avait été reconnu précédemment par l’administration Trump.
Si certaines frappes ont pu être stratégiquement permises par les forces américaines, d’autres images et rapports indiquent qu’il y a eu des lacunes tactiques qui ont permis aux frappes iraniennes de causer plus de dégâts que prévu, selon l’analyse.
On y voit notamment des images montrant qu’un centre tactique au Koweït n’était protégé que par un mince toit en tôle, offrant peu ou pas de protection contre les frappes de drones. Ce centre a été frappé par l’Iran dès le premier jour de la guerre, tuant six militaires, et les survivants ont par la suite critiqué le manque de préparation de l’armée américaine face à cette attaque.
En effet, ce reportage s’appuie sur des informations précédentes selon lesquelles les bases américaines auraient subi des dégâts importants qui n’ont pas été reconnus par les responsables du Pentagone. En réalité, un reportage diffusé la semaine dernière par NBC a révélé que l’administration Trump avait connaissance de ces dégâts, mais qu’elle refusait de répondre au public et au Congrès lorsqu’on l’interrogeait sur leur ampleur.
« Personne ne sait rien. Et ce n’est pas faute d’avoir demandé », a déclaré à NBC un assistant républicain du Congrès. « Nous posons des questions depuis des semaines sans obtenir de détails, alors même que le Pentagone réclame un budget record. »
The Intercept a également rapporté précédemment que le Pentagone dissimulait les données sur le nombre de victimes américaines de la guerre, qui s’élevait à plus de 400 morts et blessés lors du dernier décompte.
Lors d’une audition devant le Congrès la semaine dernière, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré qu’il regrettait ces pertes, mais les a minimisées en les qualifiant de « conséquence du conflit. »
*Sharon Zhang est journaliste chez Truthout, où elle couvre les affaires internationales, la politique et le monde du travail. Elle est titulaire d’un master en études environnementales. Vous pouvez la retrouver sur Twitter et Bluesky.








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