République, flonflons et gaudriole

Comment connaître par cœur la liste des ministres de notre gouvernement et leurs fonctions? Il suffit de suivre les annonces de soirées folkloriques et musicales et autres foureuls pour savoir quels sont nos ministres et quels ministères ils occupent. Toutes les semaines, leurs noms sont criés sur les ondes des radios pour annoncer qu’ils patronnent une soirée, l’anniversaire d’une improbable carrière ou un grand baloche. Faut croire qu’ils n’ont que ça à faire !

Nous qui croyions que le chef de l’état avait dit « stop » aux fêtes en tous genres et en tous temps, pour que ce pays travaille enfin… Mais c’est sans compter avec notre propension à attirer les mouches avec du miel. Il est véritablement inconvenant que tout l’aréopage déjà pléthorique de notre gouvernement soit crié, hurlé jusqu’à l’indécence sur les ondes des radios, défilant sur nos écrans dégoulinant de gaudrioles et de vulgarités, pour annoncer une fête où nous sommes certains de voir jetés des millions en billets neufs, par les temps qui courent parfois faux, et de façon souvent vulgaire, au nez et à la barbe d’abord des impôts et de bien des sénégalais qui tirent le diable par la queue, quand il trouvent le diable d’ailleurs.

Du Président de la République, en passant par son épouse, tous les ministres sont convoqués à ces agapes inutiles où leur «concours» est demandé et souvent obtenu à travers des grasses enveloppes apportées par les attachés de cabinet ou leurs épouses et ce, en grandes pompes et sans contrôle de quelque DAGE de ministère que ce soit. Véritablement, voir les noms de nos présidents, ministres, DG, mêlés à des soirées où se dandinent toutes sortes de personnages et parfois les plus douteux, dont certains finissent souvent dans les pages infâmantes des faits divers judiciaires, n’est proprement pas distingué et ne donne pas l’exemple d’une nation au travail.

Ce n’est pas aux institutions de sponsoriser des khawarés et ce n’est pas à notre président de la République et à son épouse de payer les dépenses de ces «anniversaires bidon» d’artistes qui ne vendent que des centaines de cassettes au Sénégal. Sinon, il nous est loisible de penser que notre gouvernement est le premier des entertainers et le plus bel exemple de ce qu’on peut appeler des ambianceurs de basse-cour… Stoppez ce folklore Monsieur le Président. Pour que le Sénégal se mette au boulot et ses ministres au travail et plus sur la scène du grand Théâtre ou de Sorano. Ce n’est pas là qu’on les attend. Monsieur le Président, que vous et votre épouse donnent l’exemple en refusant d’être mêlés à de telles annonces publicitaires, aux côtés des Wally Seck, Assane Ndiaye et autres Titi et Kiné Lam, la liste n’est pas exhaustive, hélas…. C’est notre vœu de Nouvel An.

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