OUMAR NDAO OU DE «LA MINUTE D’INCERTITUDE»

« … LA LUTTE (…) SE CASSANT ON NE SAIT JAMAIS À QUEL MOMENT, NI À QUEL ENDROIT… » !!!

« L’impréparation peut défaire, dit l’adage (« Lu la bet mën la »). La lutte est (…) un art de l’approche et de la prévenance… le lutteur doit… se livrer à une appropriation mentale de l’espace… se lancer… comme pour tous les spectacles vivants… dans le silence de ses propres coulisses intérieures.

… On ne devrait pas parler d’entrée : le lutteur doit ADVENIR… on doit assister à UNE APPARITION… SURGISSEMENT DE FÉLIN, REGARD DE PRÉDATEUR et HUMILITÉ DE CROYANT.
(…)
La première minute (…) doit être cet instant de reconstruction, une recomposition ontologique sous couvert de la PENSÉE MIRACULAIRE.
(…)
Il faudra (se) rassurer mais comment lorsque le destin ne nous appartient plus ?

Il existe tant de fragilités dans l’antre des colosses et cela aussi, un autre adage le dit : « Bëre reen u ñambi le », LA LUTTE est une racine d’igname, si longue, si fine par certains segments, boursouflée en d’autres, SE CASSANT ON NE SAIT JAMAIS À QUEL MOMENT, NI À QUEL ENDROIT »

Oumar Ndao, 2014 « Prologue : La minute d’incertitude », Dominique Chevé et alii, Corps en lutte. L’art du combat au Sénégal, Paris, CMRS/Éditions, pp. 9-10.

©:Abadarahmane N’gaïdé

Share

Il écrit et ne s'arrete jamais d'écrire. Avec humour, philosophie, il raconte les lieux comme personne. Enseignant-Chercheur à UCAD, Abdarrahmane Ngaidé est un historien de formation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *