Nathalie Vairac à Sorano : Au dernier rivage, on n’appartient qu’à soi

Nathalie Vairac est une comédienne d’origine guadeloupéenne. Elle a joué au théâtre avec Serge Limbvani Othello de W. Shakespeare ou encore avec Sotigui Kouyaté Œdipe de Sophocle. Au cinéma Nathalie a partagé l’écran avec Pascal Legitimus  dans Antilles sur Seine.  Installée à Dakar depuis cinq ans, après un séjour d’une même durée à Nairobi, Nathalie poursuit sa carrière de fort belle manière à partir de la capitale sénégalaise . Le 10 avril passé à Paris, au Panthéon, elle interprétait Césaire  (quelques uns des 2000 textes politiques d’Aimé Césaire, publiés en 2018 en cinq volumes dans un ouvrage intitulé « Aimé Césaire, écrits politiques »). Et le 04 Décembre dernier, en compagnie du génial koriste Ablaye Cissoko, elle présentait à l’Institut Français de Dakar De tes notes à mes mots le silence danse. Sa dernière actualité, c’est« Dernier virage », un monologue sur l’histoire d’un ancien enfant soldat devenu SDF en Europe. L’événement a eu lieu mardi, au théâtre National Daniel Sorano.

 Pourquoi se poser en toute vulnérabilité et dire son angoisse à son ombre ? À quel moment les douleurs sont-elles absorbées pour renaître en verbe ?

Quand toutes les souffrances finissent par se reposer en nous.
Et là, pour habiter son corps de pied en cap et faire la paire avec soi, le « moi » prend son temps ; rappelant qu’on appartient qu’à soi, un peu à son ombre peut-être aussi. 
La guerre, et toutes les autres violences sur le vivant, finit par nous exposer, sans masque, flasques et fragiles. Naissent alors des Ringo et des John (la bande son des Beatles dans la pièce).
Se battre avec ce que l’on a. Parce que, ce qui importe, au final, c’est de se battre, contre le déni d’humain qu’impose l’absurdité de la guerre et de toutes les autres violences. 


Au dernier rivage, si nous sommes passifs, parés de tous nos souvenirs et intentions inachevées, la solitude nous mangera. Et plus elle nous ingurgitera, plus nous serons isolés dans son ventre, habitat fortuit et sans valeur.

Réussir un monologue, comme l’ont fait hier Nathalie et le metteur en scène Hassan Kouyaté, c’est avoir un bon auteur qui fait place à l’interprète mais c’est surtout être dans le précis des intentions qu’on porte.
C’est être disposé, à l’épuisement, à l’exténuation, à s’affranchir de tout désespoir.

Exaspéré de l’hésitation permanente de ce monde face à l’horreur subie par le Vivant, il nous faut être un soleil tôt levé pour qu’aucune vie n’ait peur de son ombre.

 

C.P: Maimouna Dembele Back-again

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