Les acteurs culturels face au défi du réseautage

Rokhaya Daba Sarr Directrice d’Africa Fêtes a soutenu dimanche 26 juillet que le réseautage et la mutualisation sont deux solutions essentielles pour améliorer qualitativement le secteur de la culture. L’importance du réseautage et la mutualisation des énergies dans le secteur culturel était au cœur d’un panel organisé par le groupe Africa Culture Consulting (ACC).

Echange et partage pour un secteur culturel dynamique ©happening.ca

Cinquième panel du RésiliArt Project initié par ACC en collaboration avec l’UNESCO, la rencontre de dimanche a donné l’occasion à Rokhaya Daba Sarr de rappeler l’importance du réseautage dans l’avènement par exemple de structure comme SODAV, (nouvelle société des droits d’auteurs), et des nouveaux droits dédiés.

« Si aujourd’hui on parle de la SODAV et des nouveaux droits, nous le devons au réseautage et la synergie des efforts de tous les acteurs culturels particulièrement de  feu Mamadou Konté qui a usé de son réseau pour fédérer et faire bouger les lignes » s’est-elle souvenue.

Pour rappel, Mamadou Konté décédé en 2007 a joué un rôle capital dans les discussions et les propositions qui ont abouti à l’avènement de la SODAV près de 10 ans plus tard. D’ailleurs, il était question que la nouvelle loi, sur les droits d’auteurs et droits voisins porte le nom de Mamadou Konté tant le célèbre producteur et fondateur d’Africa Fêtes a été au cœur du processus comme l’a rappelé Daba Sarr.

Même son de cloche chez tous les participants. Tous ont insisté sur la nécessité de fédérer les forces et les compétences pour faire face aux défis multiples qui attendent le milieu culturel.

Stan Mandef, Chargé de production de projets artistiques et culturels/ Coordinateur Événementiel a de son côté prévenu qu’il ne fallait pas créer un réseau juste pour le créer, mais qu’il faut lui assigner des buts et objectifs précis.

 » Nous devons éviter de créer des réseaux seulement par amitié. Le réseau doit être une synergie des compétences pour poser des actes allant dans le sens d’améliorer l’environnement du secteur des arts » a dit le spécialiste des projets culturels.

Selon lui, ce n’est qu’en mettant les compétences ensemble que les acteurs culturels pourront capturer les fonds destinés à leur secteur.

 » Si nous nous mettons ensemble, de grands projets peuvent être financés. La dispersion nous retarde » a-t-il martelé.

Sur ce volet des différents fonds destinés à la culture, Daba Sarr a déploré le fait que le Sénégal manquait de relèves dans plusieurs domaines notamment dans l’écriture des projets d’où son appel à la réforme de la formation

 » Le CRAC existe à l’UGB et c’est une bonne chose. Il y a aussi d’autres formations dans des établissements connus mais il ne faut pas former pour former. D’abord beaucoup de  professeurs ne sont pas à la hauteur et beaucoup d’étudiants qui viennent de ces formations ne savent pas écrire un projet » avance la productrice de spectacles.

D’après elle, pour rendre ces formations plus pertinentes, il faut allier théorie et pratique et s’ouvrir aux acteurs qui sont sur le terrain.

Les acteurs culturels sur le terrain doivent être associés à ses formations. Ils se sont formés dans le tas, mais leur expérience et leur vécu valent tous les diplômes. La formation a besoin de leur savoir » a plaidé madame Sarr.

Au cours des échanges, l’idée de mettre à contribution les centre culturels régionaux dans le partage de l’information a été agité.  Adama Boye artiste plasticienne et Présidente du Réseau des Femmes Entrepreneures Culturelles, (REFEC) a exhorté ses pairs dans les régions surtout à se rapprocher des centres culturels.

« Les centres culturels doivent être des relais d’information pour les acteurs culturels. Il y a beaucoup d’évènements relayés au niveau des centres culturels et ont doit davantage s’appuyer sur leur travail » a invité madame Boye dont le réseau le REFEC réuni neuf secteurs d’activités allant entre autres des arts visuels au théâtre en passant par le cinéma et le patrimoine.

Une invitation de la Présidente du REFEC bien accueillie par le danseur et chorégraphe Baïdy Ba qui a participé aux débats depuis Kaolack où il est désormais établi.

« Je suis revenu à Kaolack pour fédérer et travailler avec tous les acteurs. Conscients que les choses ne bougent que timidement dans nos régions, nous avions le devoir de mutualiser les énergies et d’apporter notre expérience pour redynamiser le milieu culturel local. Nous travaillons ensemble sur des projets de formations, de résidences et de créations » a informé le danseur et par ailleurs Directeur du Mbossé Dance Company.

Deux heures durant, autour de Aminata Diakhaté et Samira Coulibaly toutes deux d’ACC, en présence de Ciré Cissé de la Direction des Arts et du professeur Ibrahima Wane dont les travaux portent sur, entre autres, la musique populaire africaine et la littérature écrite en langues africaines, les panélistes ont échangé sur l’importance du réseautage, du partage de l’information et de la solidarité entre acteurs culturels surtout dans un contexte de mondialisation.

Aujourd’hui, il est clair que l’Afrique suscite la convoitise et l’intérêt de tout le monde. Des groupes financiers, aux multinationales de l’agro-alimentaires, tous ruent vers le continent noir. Les labels et géants de la musique et de la culture en générale ne font pas exception. Sous ce rapport, si l’Afrique veut tirer son épingle du jeu et faire face à ces mastodontes, ses acteurs culturels ont le devoir de se regrouper et de créer des synergies afin que la culture africaine reste authentique et entre les mains des enfants du continent.

Une ©mylenebeaudoin.com

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