LA NATURE N’A SUSPENDU SA PROPRE LANGUE QUE POUR S’OUVRIR AUX LANGAGES…

Nous sommes certainement ballotés entre “la tyranie des mots anciens et des mots nouveaux”… que la nature expose dans sa “langue métaphorique”.

Dans sa préface à l’ouvrage de Fritz Mauthner, Jacques Le Rider rappelle que l’écrivain et théoricien” allemand, affirme que toute langue ressemble à « une grande ville : les mots circulent (…), comme l’eau dans les tuyaux d’eau potable et dans les égouts, comme un liquide tantôt vivifiant, tantôt empoisonné.

La langue commune crée le lien social (…), mais ce lien est superficiel, de même que la grande ville contemporaine réunit les individus dans un même espace urbain, sans que cette cohabitation se transforme en communauté.

La foule est un agrégat de solitudes, la langue commune permet de communiquer, mais non de se connaître, ni de se comprendre.

Par ailleurs, le langage humain est d’abord et avant tout un phénomène individuel et la communication entre individus résulte de la traduction, toujours imparfaite et créatrices de malentendus, d’idiolectes dans le sociolecte”.

Fritz Mauthner, Le langage (Traduit de l’allemand par Jacques Le Rider), Paris, Bartillat, 2012, (Préface, pp. 7-21), p. 7-8.

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Il écrit et ne s'arrete jamais d'écrire. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages (essais & romans). Avec humour, philosophie, il raconte les lieux comme personne. Enseignant-Chercheur à UCAD, Abdarrahmane Ngaidé est un historien de formation.

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