Faut-il brûler les langues africaines ? (Part I)

 À l’heure de la mondialisation à sens   unique et de la libéralisation sauvage de l’économie où l’Afrique fait face à un besoin toujours grandissant et pressant d’intégrer ses peuples à tous les niveaux, politique, économique, social, culturel: que comptent, où doivent faire les africains de leurs langues ?

 

Faudrait-il qu’ils les abandonnent au profit d’autres langues de plus grande envergure: le Français, l’Anglais, l’Espagnol, le Portugais ou la langue de bois et pourquoi pas le Chinois pendant qu’on y est ?

Si tel devrait être le cas. Quelles seraient les conséquences qui risquent d’en découler sur le plan identitaire culturel, et psycholinguistique. Surtout si l’on sait que la culture est l’âme d’un peuple et que la langue est le support de cette culture par excellence. Si au contraire, ils optent de les rendre vivantes ; c’est à dire de faire leurs promotions, quels procédés doivent-il utiliser pour leurs mettre au diapason des nécessités contemporaines, au plan scientifique surtout.

Faudrait – il qu’ils fassent la promotion de toutes les langes sans exclusion.

Dans ce cas ne risque-t-on pas de verser dans un ethnicisme bloquant et un chauvinisme d’un autre âge susceptible à la longue de faire perdre à l’action sa vigueur et son sens véritable qui n’est rien d’autre que l’émergence d’un univers lettré. Et s’il fallait procéder par tri ; à partir de quels critères le ferait-on ?

Ne risque-t-on pas de réveiller de vieux démons d’un certain égocentrisme ethnique et donner raison ainsi à ceux qui vaudraient que l’unité des peuples africains ne puissent être scellés qu’à partir de langues occidentales.

Et même si par ailleurs les peuples acceptent de bon aloi que leurs langues ne fassent l’objet d’aucune promotion et que celles-ci tombent dans l’oubli, quel plaidoyer feraient-ils devant l’histoire pour justifier cet énorme préjudice causé à l’humanité à travers son patrimoine immatériel ?

Ou faudrait –il faire la promotion de toutes les langues quel que soient, leur poids démographique et leur portée géographique. Pour ensuite en choisir quelques-unes selon les critères mentionnés ci-dessus pour en faire des langues de dimension continentale ?

Cette méthode ne renferme- t-elle pas des relents d’hégémonie de certains groupes vis à vis des autres ?

Et par ailleurs est-il vraiment possible de réaliser quelque chose de vraiment sérieux et d’efficiente relative à la réglementation de l’usage formel des langues africaines sans remettre en question l’existence des frontières héritées de la colonisation ? (À suivre)

© Futura-sciences

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