Ballon d’Or: Le talent, ne suffit pas

Sadio Mané est bien parti pour remporter le Ballon d’Or africain 2019. Quatrième au Ballon d’Or mondial, premier africain à ce même classement, il est naturellement le favori de la distinction. Pour le Ballon d’Or France Football le Lion, malgré une saison magique, traîne encore des lacunes.

À l’image des joueurs français vainqueurs de la Coupe du Monde en 2018 mais battus par Luka Modric, Sadio Mané a comme ses coéquipiers de Liverpool été victime de l’éparpillement des voix favorables aux Reds. Ces derniers comptaient la bagatelle de sept nommés avec, outre le Sénégalais, Alisson Becker, Trent Alexander-Arnold, Virgil Van Dijk, Georginio Wijnaldum, Mohamed Salah et Roberto Firmino. Soucieux de ne pas briser sa belle unité collective, le club anglais n’avait pas fait campagne pour l’un de ses joueurs même si Jürgen Klopp avait « voté » Van Dijk.

Sadio Mané n’a pas été plébiscité par les votants africains non plus. Sur 49 pays, 14 ont voté Mané à la première place et 18 autres l’ont désigné soit deuxième, soit troisième. De ce côté, Mané n’a pas eu le soutien de son continent. On attendra longtemps le successeur de Georges Weah. D’abord en 1995, Weah surclasse et écrase la concurrence , ce que ne fait pas Mané, ensuite, sur un autre plan, après avoir brillé au PSG face à de grandes équipes européennes, il débarque au Milan avec pour challenge de remplacer la légende Marco Van Basten blessé et qui met un terme à sa carrière. Le défi est énorme et tous les spécialistes l’ont à l’oeil pour voir si le libérien va le relever. Georges Weah va être époustouflant de classe. En plus d’aligner but sur but, il a un président charismatique qui s’appelle Silvio Berlusconi et qui possède un empire médiatique qu’il associe à la campagne pour que le Ballon d’Or revienne à Mister Georges son poulain.

La faiblesse de l’enfant de Bambali réside surtout dans sa communication et sa présence médiatique. Un joueur comme CR7 a 200 Millions d’adeptes sur les réseaux sociaux: 109,7 Millions de likes sur Facebook, 58 Millions d’abonnés sur Instagram et presque autant (40,7 Millions) sur Twitter. Tous les top-players, Messi, Neymar, Benzema et autres sont dans cette tendance. Le fait est que ces joueurs, en plus du talent, mettent beaucoup de moyens dans leur communication. Ils font travailler une dizaine de Youtubeurs et Community Managers pour relayer leur moindre petit exploit. Dès lors, quand Messi marque un coup-franc, la vidéo devient vite virale tandis que le doublé de Mané va passer inaperçu. À la décharge de Sadio Mané, un peu comme la plupart des joueurs sénégalais, voire africains, il est victime d’un environnement et d’un entourage qui ne comprennent pas toujours les enjeux du moment. S’il avait une équipe de community manager, cet entourage serait capable de lui dire:  » Quoi payer un gars pour qu’il passe son temps à t’accompagner, à voyager en jet privé et à tweeter ? ton cousin qui a le bac cette année ferait l’affaire… » Celui qui parle ainsi ignore que Community Manager est un métier. L’agent de joueur Thierno Seydi a raison de dire que quand le joueur africain signe pro, tous ses cousins et oncles deviennent des managers et conseillers.

Enfin, le ballon d’Or consacre les performances individuelles et collectives du joueur durant l’année considérée, sa classe mais aussi sa carrière. Seulement, il est difficile de bien définir « performances individuelles et collectives ». Cette année Messi a été monstrueux individuellement, mais dans la performance collective Sadio Mané a participé à la victoire de son équipe en Ligue des Champions. À France Football de faire évoluer ses critères. En attendant, Sadio Mané doit continuer à être performant mais doit aussi forcer un peu sa nature: Communiquer davantage et mettre en avant son rôle de leader.

©fcbarcelonanoticias

 

 

 

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