À AMETH AMAR, UN HOMME, UN SÉNÉGALAIS OUI !

Sawalo Cissé • On peu faire de l’argent, gagner des millions de dollars ou d’euros ou de livres Sterling , oui cela est possible lorsqu’on a la volonté du coûte que coûte , ou du « j’y parviendrai quoique cela m’incombe, « c’est faisable lorsqu’on y met toute l’ardeur du j’y arriverai ou le désir de l’accumulation élémentaire, franc après franc. Mais il est beaucoup plus laborieux de bâtir une logique qui s’apparente aux grandes finances sans les dévoyer et sans se dévergonder soi même…

Amteh Amar, décédé le 22 juillet à Paris

Mettre bout à bout les pièces d’un Scrabble géant et aboutir à un édifice intelligent dont les hautes portes d’entrée rappellent celles des banques de Wall street, on appèle cela « bâtir un empire ». En général on compte du bout des doigts les hommes qui y sont arrivés et Ameth était de ceux là. L’aventure commence quelque temps après les années de braise, ou encore les années soixante huitard , là où l’université et autre temple du savoir accusaient leur première secousse, amorçant de ce fait la notion de fragilité de l’apprenant.

Ainsi la dispersion des intéressés dans le paysage contestataire entamait sa croisière, et bientôt certains choisirent la rébellion estudiantine qui bouscule l’establishment et l’ordre établit, tel Paloma et sa bande , d’autres poussèrent le culot plus loin en défiant la légitimité même du pouvoir, tel Omar Blondin Diop. Chacun y allait à sa manière et du mieux qu’il ne pu, l’essentiel était de participer au changement et pourquoi pas à l’édification du Sénégal de demain. Ameth c’est vrai, arrive plus tard sur l’échiquier de l’agitation, mais son approche, malgré le caractère pacifique n’en n’est pas moins révolutionnaire.

Lui c’est avec une « Bravo » seconde main qu’il fait son entrée en matière. Oui j’ai bien dit « Bravo » c’est aussi ça Dakar , la BB, la Vespa , la petite Solex, rien que du deux roues rapides et extrêmement serviables, rien à voir avec les 8×8 d’aujourd’hui qui ne roulent que pour la frime . Elles étaient toujours prêtes à démarrer vers l’ailleurs et c’est du reste cet ailleurs qu’ Ameth a tenté de conquérir avec succès, Cela n’a pas été facile, parce qu’au départ, il n y avait rien. Ni commande, ni appel, ni rendez-vous. Rien que de l’intuition et la force de faire ex nihilo. À ce titre notre héros est un hardi novateur. Pour lui l’expérience et le succès ne peuvent s’acquérir que sur le terrain.

De ce fait , je peux dire qu’Ameth est le précurseur du démarrage sur les chapeaux de roues de l’entreprenariat « by Hand made ». Il avait compris bien avant la lettre que la réussite de l’entreprise du futur ne pouvait se passer de la notion de délocalisation des besoins . Autrement dit l’échange futur accorderait du crédit à ceux qui à l’écoute des autres, vont vers eux transformer leur quotidien en appétence de victuailles consommables.


Bien avant l’avènement de la Silicone Valley, Ameth a donc agit en parfaite connaissance des lois des affaires , mais il a surtout saisi que c’est dans les garages, les caves et autres lieux marginaux et peut être moins dans les amphithéâtres en mal de théorie rentable et toujours en surcharge pondérale que se font les grands virages dans l’enjeu des économies de marché . Bill Gate et Steve Job ont eu leur garage et Ameth le coffre de sa petite R5 pour aller décrocher la commande chez une clientèle qui n’attendait que cela pour assouvir son shopping à domicile.

Aujourd’hui c’est Amazon, Jumia et autres qui ont pris le relais. Il avait compris que Dakar était une presqu’île et que par conséquent c’est sur terre et mer qu’il fallait évoluer. Il porta donc des ravitaillements aux navires mouillant dans le port de Dakar. De la même manière il sût que l’animal de compagnie du sénégalais n’est pas le chien mais bel et bien le mouton et qu’il est avec le bovin les garants de toutes nos cérémonies qu’elles soient sacrées ou profanes. La suite on le sait c’est l’aliment de bouche, c’est NMA et plus tard SANDERS. Mais il n’y a pas que cela à mettre dans l’escarcelle de notre brave Guerrier, n’oublions pas non plus son absolu audace à défier les banques, frileuses qu’elles sont à toujours bien garder leur monnaie dans une tirelire qu’elles ne cassent jamais.

D’une certaine façon il les obligea à faire confiance aux jeunes sénégalais de sa trempe, vu qu’il n’y a rien de pire que d’afficher le label : « Banques sénégalaise » et de n’avoir aucun sénégalais dans ses livres de crédit aux autochtones. Assurément nous pouvons témoigner dans cette lettre de son indiscutable génie des affaires , étant parmi les premiers à promouvoir la fameuse « START UP » dans le déclic de l’action entrepreneuriale et industrielle.


Que retenir donc de cet homme si ce n’est son humilité et l’amour profond qu’il a eu pour tous, son pays ,ses compatriotes, ses amis , ses enfants , à qui il distribua que des largesses et mille fragrance de générosité. Aujourd’hui nous prions notre Seigneur pour qu’IL lui ouvre ses merveilles, et qu’IL aide ses héritiers à se vêtir de la clairvoyance avec laquelle lui Ameth aura accompli une vraie existence d’homme.

 

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