« Si le Hamas est désarmé, c’est la guerre civile à Gaza » (Par Rami Abou Jamous)

Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, Rami explique les conséquences concrètes qu’aura le désarmement du Hamas. Les Gazaouis se trouvent coincés entre la possibilité d’une guerre civile ou une reprise du nettoyage ethnique.

« Si le Hamas est désarmé, c’est la guerre civile à Gaza » (Par Rami Abou Jamous), Information Afrique Kirinapost

Deir El-Balah, 25 mars 2026. Des gens s’enfuient alors que la fumée s’élève à la suite d’une frappe israélienne près d’un campement de tentes abritant des personnes déplacées. ©EYAD BABA / AFP

Lundi 30 mars 2026.

Vous avez sans doute entendu parler du nouveau plan présenté le 19 mars par le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov, le « Haut Représentant pour Gaza » au sein du « Conseil de paix » de Trump. Il impose le désarmement total du Hamas et des autres factions militaires. Total, c’est-à-dire pas seulement les armes lourdes comme les lance-roquettes, mais aussi les Kalashnikov et même les pistolets des dirigeants du Hamas et de leurs gardes du corps.

Cette exigence met le Hamas entre le marteau et l’enclume, entre la catastrophe et le désastre. S’il accepte de désarmer, ce sera le début d’une guerre civile à Gaza. Les milices armées par les Israéliens auront le champ libre. Elles ont pris leurs quartiers derrière la « ligne jaune » qui annexe de facto 60 % du territoire de la bande de Gaza, une zone vidée de ses habitants, où seules peuvent s’implanter les personnes autorisées par Israël. Et on peut douter qu’ils soient concernés par le désarmement, tant il semble que tout ce qui se trouve à l’est de la ligne jaune n’est plus considéré par les Israéliens et les Américains comme faisant partie de la bande de Gaza.

Ces gangs armés dépassent parfois la ligne pour venir commettre des enlèvements ou des assassinats, comme dernièrement celui de plusieurs membres de la police du Hamas. Celle-ci essaie de rétablir la sécurité en rouvrant les commissariats. Cela a redonné un peu de confiance aux Gazaouis. Il y a moins de vols, et il n’y a plus d’attaques contre les rares convois d’aide humanitaire. Au plus fort de la guerre, ces assauts étaient perpétrés par des clans plus ou moins mafieux, et Israël en accusait le Hamas. La population ici préfère que la police du Hamas conserve ses armes, parce qu’ils savent très bien ce qu’il se passerait si elle était désarmée. On en a eu un avant-goût après la prise du pouvoir par le Hamas en 2006, après, déjà, des affrontements entre Palestiniens. Les grandes familles de Gaza avaient profité de la période d’instabilité pour voler des voitures, kidnapper des gens, y compris des étrangers. C’était une première à Gaza.

Ce que cherchent les Israéliens : le chaos

Aujourd’hui on peut dire que la sécurité est assurée à 90 % par la police. Cela ne plaît pas du tout aux Israéliens, pour qui la police aussi doit être désarmée. C’est pour cela qu’ils visent régulièrement ses postes et ses voitures 4×4. Depuis la semaine dernière, jusqu’à ce 30 mars, plus de 20 policiers ont été tués. Lire la Suite ICI 

 

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