Saxaaru Suba l’absence de train au Sénégal est un marqueur de notre sous-développement

Un pays ne peut se développer sans des transports de masse. Le Sénégal n’a plus de train depuis presque 30 ans ! Alors qu’Il fut un temps où le train reliait les villes, créait de la richesse et tisser des liens. Ce texte de Amadou Tidiane Samb pris sur la page Facebook Mansour Bouna Ndiaye, nous rappelle l’importance du train à travers une photo rentrée dans l’histoire ! 

Saxaaru Suba l’absence de train au Sénégal est un marqueur de notre sous-développement, Information Afrique Kirinapost

Debout: de gauche à droite: Doudou Fall, Abou Samb, Alassane Kamara, Ousseynou Ndiaye. Accroupis : Abdou Diouf (devenu président de larépublique du Sénégal) , Mansour Bouna Ndiaye (devenu maire, député de Louga) et Henry Diémé (devenu journaliste, camarade de Mansour au Lycée Delafosse, venu passer ses vacances avec lui à Louga).

Amadou Tidiane Samb • Elle a 70 ans cette photo prise en 1948 par feu Elimane Thiam à la gare de Louga devant le train du matin (Saxaaru suba comme on l’appelait communément) en provenance de Saint Louis, après l’autorail (otoraayu suba) qui était déjà passé à 8h: départ de Saint Louis à 6h30 et arrivée à Dakar vers 12h.

L’autorail plus confortable et plus rapide assurait quatre liaisons tous les jours, deux départs le matin et deux l’après midi en partance pour Dakar ou Saint Louis, alors que le train (saxaar, qui tient ce nom de la cheminée fumante des locomotives à vapeur alimentées au charbon) moins rapide, faisait chaque jour une seule fois le trajet dans les deux sens.

Saxaaru suba chargé de paniers de poissons et de sacs de légumes frais destinés au marché situé à quelque encablure, ravissait la vedette à toutes les arrivées puisqu’il entrait en gare en même temps que le train Louga – Linguère avec à son bord du lait, de la volaille, du bois etc, avant de prendre le sens inverse l’après-midi.

Il y avait alors en permanence de l’animation et beaucoup de ferveur à la gare où l’on aimait se rendre pour diverses raisons: certains pour voyager ou accompagner et d’autres pour accueillir un voyageur annoncé ou tout simplement profiter de l’ambiance dans l’espoir de voir descendre à l’improviste une connaissance et dès fois un ami.

Dans tous les cas le domaine ferroviaire étant protégé, sécurisé, les visiteurs devaient se prémunir d’un billet de quai acheté au guichet à un prix assez abordable. La non gratuité de l’accès permettait d’éviter tout encombrement source de désordre et d’insécurité. Le temps des vacances commençait à la gare dans l’atmosphère bruyante et joyeuse des retrouvailles et se terminait ici même dans le calme et la tristesse des moments de séparation quand il fallait reprendre le chemin du Lycée. En 1948 c’etait mon premier anniversaire donc ces jeunes lycéens devaient avoir entre 14 et 16ans.

Saxaaru Suba l’absence de train au Sénégal est un marqueur de notre sous-développement, Information Afrique Kirinapost

Il fut un temps où le train reliait les villes. Son retour est une nécessité. Il réduira par exemple, le nombre d’accidents mortels sur les roues

 

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