Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite »

Le 24 janvier, il sera sur la scène de l’institut Français de Dakar pour défendre son 4 ème album African West Station Une ode aux sonorités musicales des années 70-80, notamment la funky nation. Au confluent des musiques d’Afrique subsaharienne comme pour rendre hommage aux pionniers, Féla par exemple. Figure majeure de la scéne alternative, le chanteur Sahad Sarr trace sa route entre Luma et cités modernes, pensant avec le monde et agissant en son lieu comme dirait Édouard Glissant. À la veille de son concert, l’artiste engagé avec passion dans cette Afrique nouvelle totalement décomplexée, s’est livré, tassu café à la main, à Kirinapost. 

Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite », Information Afrique Kirinapost

Kirinapost : Tu joues le 24 janvier à l’institut français de Dakar. Qu’est-ce que représente ce concert pour toi ?

Sahad Sarr : Je pense que ce concert c’est une autre étape sur notre projet. En fait, on a fait plusieurs sorties d’albums à l’Institut Français, en 2014, en 2017, en 2022. Et là, 4 ans plus tard, on sort African West Station au Sénégal. Pour la première fois, pour le premier concert à l’institut français.

Kirinapost: Encore…

Sahad Sarr : Je crois que c’est l’aboutissement de mon tout dernier album, African West Station. On a fait une big tournée aux Etats-Unis, Montréal, et en Europe. Là on revient au Sénégal pour jouer ça.

Kirinapost: C’est toujours un moment important et particulier pour toi de le montrer au public dakarois, sénégalais ?

Sahad Sarr: Oui en effet, je crois que c’est important de présenter cette musique au public sénégalais. C’est très très important pour moi.

Kirinapost : Qui dit nouvel album, dit nouveau projet, nouvelle ambition ? Quelles sont les ambitions de African West Station ou tes tiennes d’ailleurs ?

Sahad Sarr : Mes ambitions ? Entre guillemets on va dire. C’est assez complexe. Je pense qu’à un moment donné, un artiste doit évoluer. Toutes ces dernières années, nous avons travaillé à faire connaître notre musique. Aujourd’hui, nous sommes avec African West Station à un autre level, une autre évolution. On est en train de promouvoir notre musique au-delà des frontières. Et ça tombe bien African West Station, en ce mois de janvier, vient d’être nominée au Transglobal World Music Chart parmi les meilleurs albums de ce début d’année 2026. Tout ceci nous encourage. j’ai vraiment une ambition de m’inscrire dans le sillage d’artistes comme Richard Bona, comme Marcus Miller.

Kirinapost: Pourquoi African West Station ? Que signifie ce titre ?

Sahad Sarr : African West Station, c’est comme une radio. Précisément une radio ouest-africaine des années post-indépendances, des années 70 et 80.

Cet album reflète les luttes historiques qui se sont passées entre les années 70 jusqu’àux années 80. Quand on parle de mouvement funk, de la funk attitude, durant les mêmes années, il y avait plusieurs luttes qui se passaient sur le continent américain, sur le continent africain et même européen. C’étaient des luttes pour la liberté et l’expression des peuples opprimés.

Donc African West Station, c’est comme une radio pirate où les Africains sortent d’une ère de colonisation et apprennent à se défaire d’une autre culture qui n’est pas la leur. Ils essaient à partir de là de créer un syncrétisme musical, un syncrétisme religieux et un syncretisme culturel. Dans ces années 70-80, les peuples africains ont fondé l’imaginaire de leurs nations respectives. On a appris à savoir ce que c’est que la nation sénégalaise par exemple.

C’est passé par les luttes historiques, c’est passé aussi par la musique et les arts en général. African West Station est une sorte de rétrospective. Ce n’est pas un retour vers le passé, c’est juste mettre en évidence que nous venons de quelque part et qu’il y a un chemin parcouru de 70 aux années 80.

Pour coller à cette période, même au niveau de la musique, on a voulu retrouver un son assez vintage. C’est-à-dire dire revenir vers les sons des années 70-80.

Nous sommes revenus un peu à l’analogie. Même si aujourd’hui on vit dans un monde numérique, avec l’avènement des réseaux sociaux mais aussi une mondialisation édictée par un universalisme, lui-même édicté par l’Occident. C’etait important de faire un clin d’œil à tout ce qui est authentique, à ce qui était hier, à ce qui était vintage, et prendre ce qui est joli de tout ça là-bas, pour refonder quelque chose de nouveau.

Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite », Information Afrique Kirinapost

Sahad Sarr croit à la nouvelle dynamique de la jeunesse africaine © Randa Osman

Kirinapost: C’est un voyage de ville africaine en ville africaine ?

Sahad Sarr: Dans l’album, quand vous écoutez, vous constatez effectivement qu’on a fait un voyage entre le Sénégal, la Mauritanie, le Ghana, le Nigeria. Autrement dit, un voyage au pays du highlife, de l’Afrobeat et la musique mondaine. Donc chaque titre, c’est presque une ville.

L’idée est aussi de rappeler aux gens que le Sénégal existe par les Français. Le Burkina a été inventé par le Congrès de Berlin, où les gens ont décidé du sort de notre continent.

Il s’agit de rappeller surtout, qu’il y avait, avant nos embriyonaires États actuels, l’empire du Mandingue, l’empire Sonraï ou encore celui du Ghana. Se remémorer que le peuple ouest-africain est un seul et unique peuple. Il est plus que temps de lever toutes les barrières identitaires… Ah, tu es sénégalais, ah, tu es gambien. Non, ça n’existe pas !

Chez les Sénégalais, on sait qu’on vient de l’empire du Mandingue. Mais aujourd’hui, on limite notre horizon au Sénégal et ça ramène des frictions. Nous devons absolument nous ouvrir vers des horizons plus larges. On est des Africains. Avant de dire qu’on est sénégalais, malien ou Guinéen.

Kirinapost : Quand tu penses Mali, tu ne  penses pas pays voisin, mais pays frère ?

Sahad Sarr : Non, je ne pense même pas pays frère. Je pense que c’est mon peuple, en réalité. Je n’aime pas m’identifier comme sénégalais en Afrique. Même naturellement, sur ma musique, je pense que je suis légitime du point de vue du rythme du Nigeria du Ghana. Parce qu’on habite le monde, on peuple le monde. Et l’Afrique de l’Ouest, c’est notre environnement. Donc, j’ai autant de légitimité de chanter en pulaar que le Halpulaar.

En Europe, par exemple, de France ou de Belgique, ils voyagent facilement dans leur continent en tant qu’européen. En quelques petites heures, un français et un belge peuvent prendre leurs voitures ou le train et se retrouver en Allemagne, boire un coup . C’est un truc européen. C’est bien de temps en temps de ne pas penser français ou belge et de penser sur ce qui réunit ! Et pourquoi nous, les Africains, on est obligé de mettre des barrières ? Comme si c’était d’autres imaginaires. Alors que ce sont les mêmes. C’est juste que la langue qui nous a séparés.

Kirinapost : La colonisation surtout …

Sahad Sarr : C’est la colonisation qui nous a mis des frontières. Mais c’est des frontières qui ne nous séparent pas. Si on va poser la question au niveau historique, même les Sénégalais, ils viennent d’où? De la Haute-Gambie, sur le premier peuplement, du Tékrour, du Walo, des Arabes, et plus loin, jusqu’en Egypte. Donc, on sait qu’on a tous été des migrants.

Kirinapost : Le débat sur le Sahel, CEDEAO, AES ça doit t’interpeller ?

Sahad Sarr : Aujourd’hui, c’est dommage qu’on soit obligé entre nous de nous, dans la grande région du Sahel, de nous référer à la CEDEAO ou l’AES pour se parler ou échanger.Tu vois, c’est vraiment dommage. Parce qu’en réalité, ce débat-là ne devrait pas exister.

Lorsque je vais au Burkina, je ne me sens pas étranger. Je me sens « at home ».. Même si je ne parle pas la langue, les imaginaires culturels ressemblent à ce qu’on vit à Dakar au Sénégal.

Au niveau politique, évidemment, il y a énormément de choses qui sont passées, la colonisation, la décolonisation, les politiques africaines sous le joug occidental. La France qui a longtemps tiré les ficelles dans les  pays francophones et de l’Afrique de l’Ouest. L’Angleterre qui en a fait autant chez les anglophones du continent. Tout ça amène des frictions entre nous. Ce débat-là ne devrait pas avoir lieu. Heureusement qu’aujourd’hui, il y a un nouveau souffle, une nouvelle jeunesse africaine qui est très décomplexée par rapport aux pays du Nord et aux puissances. Elle ne vit plus dans une fatalité et ne se victimise plus en pointant du doigt l’autre. Elle s’assume et s’affirme de plus en plus.Je pense que c’est un processus. C’est une décolonisation des imaginaires qui ne va pas se faire en 20 ans.

Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite », Information Afrique Kirinapost

« La politique a une limite, tandis la culture n’a pas de limite. » Sahad Sarr

Kirinapost: Optimiste quant à l’avenir alors ?

Sahad Sarr : Je pense que d’ici 20, 25 ans, où il n’y aura même plus de frontières terrestres entre nos nations du Sahel. Je pense que ça va arriver, on sait que ce n’est pas maintenant.

Kirinapost : Dans ce processus que tu évoques tantôt, la politique a souvent échoué. La culture peut- elle être le véritable accélérateur de particule ?

Sahad Sarr : La culture aura un rôle fondemental. Hyper fort même ! Quand tu écoutes le discours de Fela en 1977 qui a touché beaucoup de pays africains sur les libertés opprimées, tu vois l’impact de la culture. Ce que la musique et la culture peuvent faire, la politique ne peut pas faire la moitié.

C’est très dommage d’ailleurs que dans un pays comme le Sénégal, qu’on ne comprenne pas assez le « soft power » par exemple. Des pays comme les Etats-Unis ont redoré leur image, à travers la musique, le cinéma et la culture en général.

Tout le monde voulait aller aux Etats-Unis dans sa jeunesse. On veut tous jouer au basket-ball, faire du hip-hop, rrêver es Etats-Unis, via la musique et le cinéma. La politique a une limite, tandis la culture n’a pas de limite. Pareil pour le sport. La victoire des lions et l’accueil populaire monstre, prouve que la politique a des limites.

Kirinapost : On va revenir un peu à l’album. Comment ça a été construit, avec quels musiciens ?

Sahad Sarr : En 2022, on a fait l’album Luuma. Mais en faisant on a dépensé des milliers d’euros, parce qu’on voulait toujours montrer à la scène internationale qu’il est possible de rester au Sénégal et de faire des productions de haute facture.

Mais c’est très prenant et épuisant de faire tout un voyage en Europe, pour louer des big studios. On s’est dit, pour le prochain album, on va essayer de monter notre propre studio, afin d’avoir plus de possibilités, plus de moments, plus de temps, pour construire un album.

En 2023, on a eu le studio. On s’est posé, on a dit, « ok, on va faire un album ». En fait, ça m’intéressait de faire un album comme ça après ma participation à la biennale de Dakar au cours de laquelle j’avais realiser une expo sur les musiques sénégalaises.

J’avais fait une recherche sur les musiques sénégalaises de 1960 à 2022. Et après cette expo, je commençais à replonger sur les musiques africaines des années 70. Donc, naturellement, j’étais beaucoup influencé par cette expo.

Je me suis dit, bon, je vais faire un album qui parle de cette radio, de ces radios imaginaires. Et naturellement, j’ai essayé de trouver tous les musiciens qu’il fallait et petit à petit, on a choisi les instrumentistes en fonction de la spécificité de chaque morceau. Je peux dire que j’ai joué avec les meilleurs musiciens de Dakar et même parmi les meilleurs musiciens du West Africa.

J’ai ramené énormément de musiciens sur ce projet, pour l’amener dans un autre niveau. Je ne voulais pas qu’il y ait uniquement mes musiciens. On est allé plus loin. Et pour la première fois j’ai travaillé avec un ingé son qui est mon ingé son. Celui là qui fait nos shows, nos tournées partout dans le monde.Il a quitté la France. Il est venu s’installer ici, au village. Il s’est imprégné de la culture, de notre musique et de nos manières de penser. Et voilà, pour faire un vrai projet même sur le son, sur la texture, sur le sound design, sur la manière dont le son doit sonner, en fonction des morceaux, tu vois, tout ce qui manque sur nos productions. Pas juste venir et enregistrer.

Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite », Information Afrique Kirinapost

Le Sahad Sarr 2026. Un album tous les 3 ou 4, depuis 2014

Kirinapost: Comment tu définirais la musique d’African West Station ?

Sahad Sarr : Waaw! On aime tout le temps faire des musiques de fusion. On essaie d’interconnecter beaucoup de peuples, beaucoup de cultures et plusieurs imaginaires. Et j’essaie de me réapproprier de toutes ces influences pour en faire un son propre à moi. Dans African West Station, j’ai essayé de créer une musique assez hybride mais une musique axée sur des époques. Il y a par exemple des morceaux, tu les écoutes, tu te dis, « ah ça, c’est 70’S » .D’autres, tu les écoutes, tu te dis, « ah ça, c’est 75’S« ..certains morceaux font penser à Fela, d’autres à James Brown, avec la funk aux Etats-Unis. Ce sont des morceaux qui fixent une époque. Une séquence historique.

Donc quand tu l’entends, tu te dis, « ah, ça, ça me rappelle ça« . Mais sans pourtant rester dans les années passées. Je me posais la question qu’est-ce que ça donnerait au niveau sonore une musique de Fela des années 70, si on l’enregistrait en 2025. j’ai voulu être dans leur peau dans une nouvelle époque.

Kirinapost: Parlons des textes de tes chansons. Comment écris-tu ?

Sahad Sarr : Bon, à la base, je suis un poète. Je suis quelqu’un qui écrit beaucoup même au-delà de la musique. Je prends le temps d’écrire. J’écris des récits philosophiques. Lorsque j’écris une chanson, je ne dis pas j’ai envie de chanter sur ça. En général, je fonctionne beaucoup sur le ressenti, sur les émotions.

Par exemple, je me réveille, j’ai une émotion qui passe autour de la mort et j’écris sur la mort. Donc, j’écris comme ça. Je n’écris pas en mode je dois écrire sur les femmes.Tout ce que je fais provient du fort intérieur. Il faut que ça sorte de notre cœur.

Il y a des morceaux que j’ai écrit il y a 11 ans et qui sont en phase qu maintenant et on le met dans l’album.

Kirinapost : Comment tu travailles avec tes musiciens? Travailles-tu avec un directeur?

Sahad Sarr : Non, je suis mon propre directeur musical. Je sais très bien ce que je veux. Je suis quelqu’un de très exigeant même si parfois, c’est très compliqué avec les musiciens.

Mon son, il sonne. Donc, même quand je travaille avec mon groupe, tout le monde le sait. Je pose mes idées d’abord, je vais au bout de celles-ci avant de leur dire OK, là maintenant, qu’est-ce que vous proposez?Chacun vient ramener sa sauce, mais je sais là où je vais. Mais je vais au bout de mes idées, ça c’est clair. Même dans la basse, même les lignes de vent, c’est moi qui les écris.Tout. La manière dont on joue les guitares, c’est moi qui dis tu joues comme ça. Le piano, la batterie, c’est moi qui dis tu joues ça.

Les gens me disent, Sahad, il est très dans les détails. Pourtant je reste très ouvert à la critique. Les musiciens aiment travailler avec moi d’ailleurs parce qu’en fait, à un moment donné, je fais le projet, je vais acheter le riz, les ingrédients, et les légumes. Je cuisine, mets les bases et demande aux musiciens qu’est-ce qu’ils mettent, qu’est-ce qu’ils apportent. Dès fois, s’il faut changer, on change.

Kirinapost : Pour cet album es-tu vraiment satisfait du résultat final ? Parce que j’ai l’impression que tu es un éternel insatisfait.

Sahad Sarr : Ouiii, ça…Oui, c’est très compliqué. Je ne peux pas m’arrêter.Tous les musiciens me disent « ça va« , moi je dis « non, ça manque, ça manque, ça manque« . À un moment donné, c’est vraiment la production qui dit « ok« , « ça va« , « il faut qu’on s’arrête« . Maintenant moi, je peux continuer sur une musique, je peux travailler 8 ou 10 ans sur une musique, il n’y a pas de problème.

Je suis un éternel insatisfait dans ce que je fais. Je ne vois jamais tout ce que j’ai fait. Chaque jour sonne comme si je venais de faire de la musique le premier jour.

Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite », Information Afrique Kirinapost

En 2025 Sahad Sarr a été finaliste prix Découverte RFI et sélectionné pour le Jazz Ahead

Kirinapost : Vaut mieux pour un éternel insatisfait qu’il ait son propre studio. C’est un excellent investissement au bout du compte

Sahad Sarr : Ça aide d’avoir un studio. Tu es chez toi, tu travailles sans pression et bien concentré sur les objectifs. Les défis sont énormes et je n’aime pas rester sur des acquis. Je vois souvent des musiciens revenir de grandes tournées internationales et de gros festivals et s’embourgeoiser, faire les stars, envahir les réseaux sociaux jusqu’à oublier de travailler leurs instruments. J’évite de tomber dans ce piège. Le studio m’aide à rester focus sur l’essentiel :mon travail.

Kirinapost : Le 24, à quoi peut s’attendre le public ? Qui sont les musiciens qui vont t’accompagner sur scène déjà ?

Sahad Sarr : Je vais jouer avec mon groupe habituel, avec Sym Sam à la batterie, avec François Keita à la basse, avec Godpeace au piano, Mildah au cuivre à la trompette, Ripa au saxophone, Khadim Mbaye aux percussions, Daniel à la guitare et moi à la guitare et à la voix. Nous serons une formation de 8 musiciens sur scène pour le show African West Station. On va transporter le public dans une immersion sonore et visuelle. On va prendre le public et on va les mettre dans les années 70. Ce n’est pas juste un show, on propose vraiment une immersion.

Kirinapost : Beaucoup d’artistes quand ils sortent un album choisissent 3 ou 4 morceaux du nouveau répertoire pas plus lors des premiers concerts. Et toi ?

Sahad Sarr : Quand j’ai un nouvel album, je joue toujours quasiment 80% des nouveaux morceaux. On réserve 20% au fidèle public qui nous suit, qui connait et aime notre répertoire.

Kirinapost :  Penses-tu à faire une tournée africaine avec cet album ?

Sahad Sarr : Yes ! Pour te dire, avec ma production, depuis un mois, avec toute l’équipe du booking, on veut vraiment jouer plus en Afrique.

Il y a beaucoup de gens qui veulent qu’on joue dans des événements en Afrique mais ils n’ont pas les moyens de nous faire venir. Pourtant on a fait nos meilleurs concerts en Afrique notamment au Maroc et en Tunisie.

Je me rappelle aussi d’un de mes concerts à Nairobi, au Kenya. C’était full, des milliers de personnes et les gens pensaient qu’au Sénégal, j’étais une énorme star. Ils étaient étonnés quand on leur disait que c’était pas le cas…c’était une belle expérience d’entendre sa musique passer à la radio keyanne.

En octobre on a joué au Burkina Faso. Et c’était un moment hyper fort parce qu’en fait, je suis parti au Burkina dans d’autres circonstances il y a 10 ans. Et je reviens pour un big festival de musique. C’était vraiment cool parce que là, c’était notre dernier show sur l’automne. C’était à Ouaga..

Mais à part ce voyage au Burkina, on a joué qu’en dehors du continent. En juin, j’étais en France, en Belgique. Après, on est allé à Montréal. On est reparti en Europe en septembre. Il est temps que l’on joue beaucoup plus en Afrique. Oui, on fait les mêmes tournées dans tous les pays européens depuis des années. Mais, on ne comprend pas que c’est le problème de mobilité en Afrique. C’est une question de structure.

Kirinapost : Cette année, tu as été choisi au Jazz Ahead. Comment tu as accueilli cette nouvelle?

Sahad Sarr: Ça c’est une des plus big nouvelles de ma carrière, je vais dire parce que j’ai eu plus de prix de musique.

Le Jazz Ahead, en général, c’est 28 projets à choisir parmi plus de 870 annoncés. Avec un public exigeant et un jury hyper select qui prend rarement des artistes qui ont moins de 25 ans d’expérience. Quand on a appris le Jazz Ahead, on s’est dit, ce n’est vraiment pas mal ce qu’on est entrain de faire.

Sahad Sarr : « La culture n’a pas de limite », Information Afrique Kirinapost

Stéréo Africa 2026, déjà en route…

Kirinapost : Tu es prometteur depuis 5 ans du Stéréo Africa Festival. Comment vit le festival et la prochaine édition comment ça se prépare ?

Sahad Sarr : C’est toujours difficile de faire un festival de haute facture, hyper bien organisé, des musiques actuelles alternatives au Sénégal. On essaie de tenir un petit challenge d’une très bonne organisation d’un festival.

En 5 ans, les choses ont bien évolué. Les gens parlent du festival. Nous avons de bons retours mais c’est encore ardu, difficile au niveau des finances, des sponsors, surtout au niveau national, au niveau local. On est beaucoup plus soutenu par les entreprises, les fondations européennes que celles sénégalaises.

En te soutenant certains veulent que tu fasses une programmation sur la médiocrité. Alors que nous, on n’est pas du tout dans ça notre volonté est de programmer les artistes sénégalais, africains avec de très bons projets. On n’est pas sur le star system. Faire 20 000 personnes, ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est que les musiques actuelles et alternatives du Sénégal, de l’Afrique, puissent être mises en avant. Dés lors, c’est difficile d’avoir les fonds chaque année pour le faire. Mais on se bat et on ne lâche rien !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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