« Quelquefois il suffit juste d’oublier nos problèmes de survie pour vivre », dit l’adage. Tant que nos hommes politiques ne l’auront pas bien compris et harmonieusement bien intégré dans leur manière de concevoir la Politique, ils ne feront que faire besogner très dur les populations pour ensuite verser le fruit de leur dur labeur dans le ventre de cette hydre (LA DETTE) qui suce le sang des africains jusqu´à la moelle, depuis des décennies.

Un film signé Mamadou Khouma Guèye
Certains hommes de culture et artistes ont bien compris la nécessité de vivre. Et ces hommes et femmes ne ratent aucune occasion (si ce n’est pas elles/eux même qui les provoquent) pour ériger une tribune et faire entendre la voix de l’Afrique, afin de donner libre cours à l’expression de leurs cultures et favoriser ainsi l’épanouissement de ses peuples et de sa diaspora. Avec un objectif clair : empêcher que le faible ne soit continuellement et impunément piétiné.
Ce fut le cas à Nantes pendant le long week-end de Pâques avec Aissatou Sow et Boubacar Thioye animateurs culturels de formation et Mamadou Khouma Guèye cinéaste lauréat du Tanit d’or du dernier festival de Carthage pour son film documentaire « Litti-litti/l’attachement ».
Le 04 avril jour de l’indépendance du Sénégal, a été pour eux, l’occasion de convier la diaspora africaine à un moment de réflexion autour de l’étape actuelle du panafricanisme par le biais du film « Frontière » de la réalisatrice burkinabé Apolline Traoré, à la médiathèque de Nantes. «Frontière», de l’avis de M Khouma Guèye est le film le plus populaire du cinéma ouest africain depuis « Bal poussière » de l’ivoirien Henry Duparc.
Ce film est une invite à une escapade dans l’espace CEDEAO à travers le voyage de quatre femmes (une Sénégalaise, une Malienne, une burkinabé, une Ivoirienne) de Dakar à Lagos. L’excellente Amélie Mbaye y apporte la réplique à une des plus grandes figures féminines du cinéma africain Naky Sy Savané. Amélie Mbaye avait d’ailleurs fait le déplacement depuis Paris à cette occasion.
Un peu plus tard dans la soirée, « Litti-litti – l’attachement », de Mamadou Khouma Guèye a été projeté au cinéma Lutétia pour ses débuts d’exploitation en salles. Une belle occasion pour Khouma d’échanger avec le public autour de ce film où la petite histoire familiale se mêle comme dans une sorte d’écheveau indéfrichable à la grande Histoire humaine. Ce qui a donné lieu à des discussions très passionnées. Les Sénégalaises présentes dans la salle ont témoigné de leur étonnement de l’énormité des dégâts causés par la construction du TER (Train Express Régional Dakar-Diamniadio). Au-delà du coût financier exorbitant, le film met en lumière le désastre humain parfaitement bien illustré par la maman de Khouma dont la construction du TER semblait être un véritable chemin de Croix.
Le lundi 06 avril, Aissatou, Boubacar, Khouma, leurs amis nantais et d’autres personnes venues d’ailleurs, notamment le jeune cinéaste Sarra Gadiaga étudiant en production à Paris ont procédé à l’ouverture de la deuxième édition du « GALA INTERNATIONAL DU COURT METRAGE DE NANTES » à Pol-N, cet endroit emblématique de la culture pop nantaise. Ce festival est porté par l’association Art à Conter.

Appoline Traoré réalisatrice burkinabé
En début de soirée le couple Mariama et Vieux Sissokho (voix et kora) a gratifié au public des classiques du Mandé tel que «Mansaly Cissé» revisités à leur manière.
Après leur prestation six films (dont deux du Sénégal) venus de cinq pays ont été projetés. Ces films dans leur ensemble explorent sur un spectre assez large des thématiques diverses et variées, (politiques, société, paix, féminisme, etc.). ils témoignent tous de la farouche volonté des africain-e-s du continent et de la diaspora de raconter leurs propres histoires.
Ce festival, à la base est une initiative de Gora Seck et Sellou Diallo Professeurs à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.
La diaspora sénégalaise a beaucoup contribué pour faire accéder le PASTEF au pouvoir. Elle continue à le soutenir et à faire rayonner la culture et l’expression artistique du sénégalais de l’Afrique et de sa diaspora en Europe, souvent avec les moyens du bord, là où ce nouveau régime semble opter de fonctionner avec les mêmes œillères que le régime précédent. Le Jub Jubbal Jubbanti devrait avoir une base culturelle puissante.
Le cinéma, la chanson, le théâtre, les séries télés devraient être les relais d’un renouveau sénégalais. Malheureusement, pour beaucoup de dirigeants, la culture c’est du folklore, du divertissement, de la récréation, si bien que par exemple, dans aucune de nos ambassades, il n’y est prévu la prise en charge correcte des évènements et des actrices et acteurs culturel-le-s.
Le Sénégal-diplomatique a beaucoup régressé sous Macky Sall, au point que son candidat au poste de Président de la Commission de L’Union Africaine, l’éminent historien Abdoulaye Bathily avait perdu devant celui du dictateur Idriss Déby.
Cela ne s’est guère amélioré avec le pouvoir Diomaye Faye. Il est clair que (entre autres raisons) nous avons beaucoup perdu du rayonnement que Senghor, Amadou-Mahtar Mbow, Ousmane Sembène (pour ne citer que ceux-là ) avaient savamment bien édifié en jouant à fond la carte de l’éducation et de la culture.

Scène dans Litti-litti, un film qui fait la fierté du cinéma sénégalais
Nous ne nions pas les avancées ici et là là. La présence et l’accompagnement des autorités pour les événements majeurs, les efforts pour tenir ECOFEST et respecter le calendrier de la biennale sont, entre autres, à saluer. Cependant, au regard du chantier qui est devant nous, nous restons sur notre faim. Le cinéma devrait être le bras armé d’un nouveau narratif, plus souverainniste, plus patriotique. Afin de préparer le Sénégal de demain. Le pays a les ressources humaines et l’énergie pour y arriver. Il a hâte de voir tous ses talents libérés. Nous méritons mieux que les immanquables discours insipides et lassants de Bacary Sarr (je le cite parce que c’est lui qui est là depuis le début). Personne ne va à un évènement culturel pour écouter le discours d’un ministre chargé de gérer la catégorie sociale la plus créative, alors que lui-même n’a aucune spontanéité. C’est assez révélateur…….








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