Wagane Gueye est Commissaire d’exposition, directeur Artistique et spécialiste en textiles africains. Il réagit au « cassage » de la fresque en mosaïque du regretté Pape Ibra Tall à Thiès par les autorités municipales.
Wagane Gueye • Ouakam, le 07 Janvier 2026. Drôle de manière pour nous peuple sénégalais d’entrer en année 2026.
Cette forfaiture du maire de Thiès consistant à casser une œuvre d’art, une fresque en mosaïque du regretté Pape Ibra Tall un des quatre pères de l’histoire nos arts visuels n’est qu’un vil sabotage entre tant d’autres qui sont de véritables manquements dans notre histoire culturelle surtout dans notre rapport a la préservation de notre patrimoine matériel et immatériel, de notre mémoire.
Face au tollé qui prend de l’ampleur sur la toile et suite au communiqué du MinMinistre de la Culture Amadou Ba, l’édile de la Ville de Thiès nous apprend que « la mosaïque sera restaurée à l’identique ».
Non Mr le Maire, le mal est déjà fait.
On restaure une œuvre d’art en « opérant » sur des parties d’une œuvre »,.
Une œuvre d’art détruite n’a plus aucune valeur et n’a aucun lien avec l’œuvre initiale si elle est refaite .
Vous avez maintenant entre vos mains Mr le Maire des « Carreaux Cassés ».
Mr le Maire de Thiès en est a sa deuxième forfaiture après la commande de la sculpture en bronze de Lat-Dior a un artiste du Burkina Faso au moment ou les héritiers de Makhone Diop perpétuent la tradition familiale de coulage de bronze au Sénégal. Pour cette commande livrée et inaugurée les populations étaient outrées du coût( ce qui est relatif) mais surtout du manque de ressemblance avec le profil de Lat-Dior préserve dans nos imaginaires. Les Thiessois ne se reconnaissaient point en ce Lat-Dior du Burkina diffèrent de celui divulgué sur les livres d’histoire et surtout sur la grande sculpture en bronze initiale qui est présente à la Foire CICES depuis bientôt cinq décennies, réalisée par le regretté Makhone Diop de Diourbel.
Que d’inerties dans nos politiques culturelles!
Mais ne nous y trompons point, d’autres inerties plombent nos politiques culturelles.
L’une des plus flagrantes bévues est le Musée Boribana sise a Ngor fruit d’un travail de plus de trente années du conservateur Boubacar Kone. Ce sieur a parcouru le monde, avant de revenir au Sénégal finaliser ce projet d’une vie qui était la réalisation d’un musée privée avec l’acquisition de plusieurs collections d’œuvres d’artistes africains et afro américains.( Son épouse C.P est afro américaine et évolue dans le cinéma)
Se sentant malade vers les années 2014, Mr Kone a accéléré le processus de donation du Musée et de ses collections a l’État sénégalais. Je pense que depuis cette donation le Musée Boribana qui fut un espace culturel dynamique sous la direction de Boubacar Koné et de l’artiste- scénographe Khalifa Ababacar Dieng est entrain de mourir de sa belle mort.
Similaire au cas des Carreaux Cassés e Thiès.
En prolongeant notre promenade vers la Maison Ousmane Sow au Virage de Ngor, nous pouvons aussi décrier encore un manque d’engagement et de vision du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. En effet, car il revenait à l’État sénégalais de s’approprier la Maison Ousmane Sow, ce qui maintiendrait une certaine attractivité culturelle de la presqu’ile dakaroise.
Il aurait suffit de se rapprocher des héritiers SOW et d’échanger sur les possibles. Il serait intéressant d’essayer le process réalisé par le Président Abdoulaye Wade qui a permis l’acquisition de la maison de l’écrivain Birago Diop au POINT E et celle du Président Senghor sur la corniche (Musée Léopold Sédar Senghor).
Même si une partie des sculptures d’Ousmane Sow seront exposées au Musée Des Civilisations Noires Officiel, le Musée Ousmane Sow aurait du être préservé et « atterrir » si possible dans le patrimoine national.
D’autres inerties plombent nos politiques culturelles et il faudrait plus d’un texte sur facebook pour alerter et inviter les sénégalais à ouvrir es yeux afin d’éviter la jurisprudence « Carreaux Cassés e Thiès » ou « Musée Boribana » à Ngor
Il serait judicieux d’inviter les acteurs culturels a un « PENC » ou un « DAKKA » comme à Medina Gounass ou tous se retrouveraient afin de discuter de toutes ces problématiques et trouver ensemble les vraies réponses a appliquer en terme d’actions.
Mais pour des rencontres studieuses sans aucun perdiems, ni cachet, ni frais de prise en charge ou d’hébergement….
Juste de l’engagement, de l’expertise en dehors des lobbys et clans, de l’entre-soi et de l’amateurisme.
NB : Je ne vois aucun inconvénient sur la commande publique de la statue de Lat-Dior réalisée dans les ateliers de l’artiste Ky Siriky au Burkina Faso. C est juste un rappel des faits dans la ville aux deux gares




![L’HISTOIRE D’UNE CHANSON] – SALYA, un classique mandingue et ouest-africain , Information Afrique Kirinapost](https://kirinapost.com/wp-content/uploads/2025/12/54879845-41228283-400x280.jpg)



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