« Singe », «Mâle dominant», «Tribu primitive »: le racisme s’abat sur le maire noir de Saint-Denis-Pierrefitte Bally Bagayoko. Que feront les racisés de France et d’ailleurs ?

Le nouveau maire de Saint-Denis lors de son installation. Pour les racistes de France l’image est sans doute insupportable surtout en voyant le drapeau derrière….
À peine élu, confortablement au premier tour à la mairie d’une grande ville d’Île-de-France, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, concentre l’attention d’un racisme primaire mais décomplexé de la part d’une frange significative de l’élite française blanche.
Sur une chaîne du groupe de Vincent Bolloré, CNews les 27 et 28 mars, le maire de Saint-Denis a été assimilé à un « singe », à un « mâle dominant », à un chef « d’une tribu primitive ». Des discours qui, depuis quelques années, ont pignon sur rue en France et que l’élection du maire de Saint-Denis -accusé d’avoir bénéficié d’un « survote » des quartiers populaires et des trafiquants de drogue- a suramplifiés.
Faut-il préciser que le groupe Bolloré a gagné une part importante de sa richesse en Afrique grâce à ses positions dominantes dans les ports, les transports, ainsi que dans la production de tabac, de cigarettes, d’hévéa et d’huile de palme ? Les remontées de dividendes et les plus-values sur cessions d’actifs lui ont permis d’acquérir un empire médiatique à partir duquel sont diffusés, selon de nombreuses ONG (Attac, Sherpa, Ligue des droits de l’homme, Reporters sans frontières) et des journalistes ayant pris des positions collectives publiques, des propos qualifiés de racistes, xénophobes incitant à la haine.
Le fait est qu’il existe en France, en Europe et plus largement en Occident contemporain une élite raciste, adhérant à des idéologies de supériorité raciale et assignant les Noirs à l’infériorité, qui exerce désormais une influence médiatique significative sur les opinions publiques. Ce racisme décomplexé, fruit de l’ignorance et de la haine, ne se limite pas à des injures raciales proférées contre quelques figures visibles : il irrigue voire structure aussi nombre de politiques internationales de migration, de coopération et de développement. En cela, les populations noires devraient s’interroger sur les complicités et les formes de corruption paradoxales de certaines de leurs élites -politiques, intellectuelles et médiatiques- qui, pour préserver leurs positions, ont parfois contribué à renforcer, de multiples façons, les porteurs d’idéologies héritées de Arthur de Gobineau : financements politiques, coopérations avec des États aux pratiques néocoloniales, collaborations éducatives, culturelles ou intellectuelles biaisées, etc.

Bally Bagayoko est le premier maire noir d’une ville de plus 100 000 habitants !
Le racisme en Occident -en Europe et en particulier en France- connaît un net regain médiatique, comme un âge d’or retrouvé à certains égards. Présent dans de nombreuses dynamiques politiques contemporaines, il serait coupable, pour les populations et les élites qui en sont les premières victimes, d’attendre que des solutions viennent d’elles-mêmes.








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