Le 19 juillet 1927 était rappelé à Diourbel, Cheikh Ahmadou Bamba

« S’il est vrai qu’il a physiquement disparu, il est tour aussi vrai ! Que les effets de sa bonne action nous profiteront toujours. »

Le 19 juillet 1927 était rappelé à Diourbel, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke (RTA). L’homme de Dieu quittait ce bas-monde pour rejoindre son Seigneur aprés une vie exaltante qui le propulsa dans le cercle très fermé des grands saints et des grands défenseurs de la cause noire. La voie qu’il a créée pour revivifier l’Islam a donné au monde une confrérie soufi basée sur l’adoration de Dieu et le culte du travail.Le temporel et le spirituel forment presque une seule entité puisque le travail est considéré comme une forme de prière.  Quelle bénédiction, dans ce Sénégal qui a besoin tant de travailler, cette voie est incontournable. La disparition d’un tel personnage est un événement certes douloureux mais qu’il faut commémorer. En évoquant son rappel à Dieu, c’est l’occasion de rendre hommage aussi à son fils et premier Khalife l’éxeptionnel Serigne Mouhamadou Moustapha (dont le Magal est pour bientôt) sans qui rien ne serait possible. Son disciple Serigne Mouhammadou Lamine Diop Dagana (1886-1967), comme le souligne le formidable chercheur Lorenzo Italia, a décrit cet événement dans sa célèbre biographie sur le Cheikh intitulé «Irwâ ´un nadîm » (l’abreuvement du commensal, 1963).

Le Cheikh poursuivit ses activités jusqu’à ce que l’ordre de Dieu lui parvint. Ses deux disciples, Muhammad Ibn Ar-Rahman Al-Tanfughi (mort en shawwal de l’an 1372) et Muhammad Lamine Diop l’auteur de ces lignes furent désignés pour préparer les funérailles. La dépouille mortelle du Cheikh fut secrètement transporté à Touba dans la nuit du mercredi. Cinq personnes dirigées par Muhammad Al-Bachir, fils du défunt, accompagnèrent le cercueil. Bachir dépêcha des émissaires à frères Muhammad Al-Fadil plus connu sous le nom Serigne Fallou ou Gallass notre actuel Calife (Lorsque l’auteur publie cet ouvrage en 1963 c’était sous le magistère de Serigne Fallou) qui se trouvait alors à son fief de Ndindi près de Touba et Cheikh Ibrahim qui se trouvait à Darou Mousty et au Cheikh Mbacké Bousso qui se trouvait à son village de Guédé près de Touba.

De même il averti les principaux talibés présents à Touba qui, à leur tour, se firent rejoindre par leurs principaux compagnons. Peu de temps aprés, vingt huit personnes se réunissent et accomplirent la prière mortuaire à la mémoire du Cheikh sous la direction de cheikh Mbacké Bousso. Tout cela se passa à l’insu de la masse par crainte de désordres. Les funérailles furent achevées avant l’aube et une baraque fermée à clef fut installée sur la tombe. Au matin, quand les gens apprirent la nouvelle de la mort du Cheikh, une panique indescriptible s’empara d’eux. Tout cela se passait alors que à Diourbel, le calife Muhammad al Moustapha informait les gens de la nouvelle et les tranquillisait…

A l’issu des obsèques, je rencontrai un de nos compagnons qui n’était pas au courant de ce qui venait de se passer. Il m’a dit: « Je t’ai vu hier en rêve et t’ai demandé où était le Cheikh. Pour tout réponse, tu m’as récité ce verset coranique: Muhammad n’était qu’un Messager précédé par des messagers, etc... Je lui ai dit: la situation est comme tu vois, entre; il entra, vit et se mit à exprimer son étonnement…

Autour de la présente biographie, il a écrit à cette occasion l’élégie que voici:

« Le Cheikh se rendit au Maître qu’il adorait;

Il savait certainement qu’il ne vivrait pas éternellement

C’est pourquoi il avait cherché l’agrément de Dieu en se

Conformant à ses prescriptions et en évitant ses proscriptions

Il interdisait le mal et prônait la bonne voie et pratiquait

Avec modération ce qu’il recommandait.

Pour atteindre la vérité, ses fils (les talibés) s’étaient confiés

A lui et lui reconnaissaient sur eux-mêmes les droits d’un père Comme il leur reconnaissait les droits d’un fils

Qui donc s’occupera désormais des orphelins à qui il a fait

Oublier leur origines? C’est par le bien que l’on éteint le mal

Pour les pauvres venus de tous bords solliciter et obtenir son aide

Il fur une source de prospérité et de quiétude

S’il était permis de le racheter, nous l’aurions fait ,

Mais les Seigneurs disparus avant lui n’avaient pas été rachetés tous S’il est vrai qu’il a physiquement disparu, il est tour aussi vrai

Que les effets de sa bonne action nous profiteront toujours

Muhammad Ibn Al-Moucalla Al-Hassan lui a dédié une élégie qui tient lieu de toute les autres élégies ».

Source: Lorenzo Italia

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