La réappropriation du massacre de Thiaroye, ‘’une occasion d’édifier des humanités africaines’’, selon l’historien Mamadou Diouf (Entretien APS)

Le retour de la question du massacre de Thiaroye dans les registres historiques et mémoriels peut contribuer à nourrir une conscience panafricaine en même temps qu’il offre l’occasion d’édifier ‘’des humanités africaines’’ par la recherche, l’éducation et la culture, estime l’historien Mamadou Diouf, président du Comité pour la commémoration du massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye, dans un entretien avec l’APS paru dimanche.

‘’Je trouve que le retour sur le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye en 1944 est un engagement politique fort du nouveau régime sénégalais. Il renouvelle la trame des récits et sites mémoire en les réorientant vers la construction d’une souveraineté qui doit nourrir une conscience panafricaine’’, a-t-il déclaré dans l’interview .

’La commémoration est, en effet, l’autorisation de narrer son histoire, de produire un passé au service du présent et du futur. En quelque sorte, une histoire à venir. Elle institutionnalise le lieu de mémoire caché que Thiaroye était devenu sous les présidences de Senghor et de Diouf, un lieu de pèlerinage patriotique et contestataire pour la gauche sénégalaise et les fronts patriotiques de toute obédience, et un lieu de mémoire accroché à des emprises culturelles et musicales’’, a souligné l’historien.

Mamadou Diouf est d’avis que le retour du massacre de Thiaroye ‘’dans les registres historiques et mémoriels est une invitation à explorer notre passé et à alimenter des imaginaires créatifs, susceptibles de soutenir des communautés solidaires’’.

’Il faudra aussi aller plus loin dans les recherches, les publications, l’éducation, les arts et la littérature, pour édifier des humanités africaines’’, a suggéré l’historien sénégalais, enseignant à l’université de Columbia, aux États-Unis d’Amérique.

’Les infrastructures et les programmes associés au massacre de Thiaroye pourraient servir de banc d’essai pour un projet qui couvre les autres séquences historiques : précoloniale, coloniale et postcoloniale’’, a-t-il analysé.

Édifier une bibliothèque africaine

M. Diouf estime que de telles études et productions culturelles ‘’aideraient à reconsidérer les catégories que nous utilisons, les enseignements que nous dispensons et les livres que nous publions’’.

’Édifier une bibliothèque africaine et susciter des commentaires sur le monde, en conversation avec d’autres cultures et civilisations, est le défi à relever. Le massacre des tirailleurs sénégalais est à la fois une incitation à la production de connaissances et à la création littéraire et artistique’’, pense Mamadou Diouf.

Interrogé sur la question des fouilles archéologiques entreprises pour éclairer les zones d’ombre entourant ce massacre, il a répondu : ‘’Les fouilles archéologiques ont été effectuées sur une superficie réduite, qui couvre quelques tombes. Les archéologues ont retenu quelques résultats préliminaires et des hypothèses que les fouilles à venir confirmeront ou pas.’’ Lire la Suite ICI

 

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