Justice, cohérence et pouvoir : une question qui nous oblige. La question mérite d’être posée calmement, sans slogans ni réflexes partisans.
Lorsque des jeunes ont perdu la vie lors des manifestations qui ont précédé l’alternance, nous, militants de PASTEF, avons réclamé justice. À juste titre.
On nous a alors opposé un argument commode : « s’ils sont morts, c’est parce que Sonko et les leaders les ont envoyés dans la rue. »
Nous avons répondu (et je le maintiens) que ces jeunes n’étaient ni manipulés ni inconscients. Ils étaient sortis par conviction, par adhésion à une cause, avec une confiance politique assumée.
Février 2026
Hier, un étudiant est mort à l’Université Cheikh Anta Diop, à la suite d’une intervention des forces de l’ordre.
La mobilisation étudiante actuelle s’inscrit dans une dynamique revendicative consciente et structurée ; cela n’empêche pas de discuter, sereinement, de la pertinence de certaines revendications au regard des contraintes budgétaires de l’État.
Dès lors, une question nous oblige, nous militants du parti au pouvoir : si nous pointions hier MackySall comme responsable politique des morts survenus sous son régime, pouvons-nous aujourd’hui, par honnêteté intellectuelle, refuser toute interrogation sur la responsabilité de l’État que nous dirigeons désormais ?
Poser cette question ne trahit pas PASTEF. Elle l’honore. Parce que notre combat n’a jamais été contre un homme, mais contre l’impunité. Parce que la cohérence morale est la condition de la crédibilité politique.
Et parce que le pouvoir n’efface pas les principes qui nous y ont conduits. La justice pour les morts ne peut pas changer de camp selon les circonstances.








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