« Gaïndé N’diaye » (lion en wolof) est une des chansons les plus iconiques dédiées aux Lions de la Teraanga. Ce chef d’œuvre du talentueux Assane Mboup, figure dans son album « Jaboot » sorti en 2002. Cela coïncide à l’époque avec la qualification historique de l’équipe nationale du Sénégal, pour la première fois, à une coupe du monde (2002). Une chanson que le recent sacre des lions à la CAN 2026, au Maroc, remet au goût du jour.
Avec la qualification au mondial Japonais et Coréen, la bande à El Hadji Diouf venait d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du football sénégalais. Les artistes, depuis les indépendances, ont toujours célébré les héros du football et du sport en général. Parmi ces chansons, on peut citer l’incontournable «The Lion» de Youssou Ndour, «Supporters», de Omar Pene, «Foula Ak Fayda» de El Hadj Diouf, «Woma» de Assiko Band, «Allez Lions» de Fofo Francy, «Senegal LA» de Eljaz feat Baxaaw Assiko Family, entre autres,« «Gaïndé N’Diaye » d’Assane Mboup…
Assane Mboup, grand parolier et génie de musique a ce don d’architecturer, de bien structurer ses œuvres. Dans la première partie de ce morceau, il rend hommage aux footeux émérites qui ont hissé haut le drapeau Sénégal sur la scène mondiale, à cette époque glorieuse. Le titre « Gaïndé N’Diaye » » est un symbole de bravoure, un emblème de la Nation. À travers la chanson, Assane exprime la fierté du peuple, son courage et sa détermination.
De grands noms de la musique sénégalaise ont participé à la réalisation du titre conceptualisé par Papis Konate, grand claviériste. On peut citer : Amadou Gaye à la guitare solo, Khadim Thiam à la basse, Oumar Coly au clavier, Mahanta Faye à la batterie, Moussa Traoré aux percussions, Amy Mbengue et Ibrahima Sène aux chœurs. Lors des répétitions, la première partie, de même que le pont qui devait annoncer la deuxième, étaient actés et prêts pour l’enregistrement.
Pour l’anecdote, selon Oumar Noël Coly, Assane, obnubilé par l’idée de chanter tous les 22 lions retenus pour la coupe d’Afrique de 2002 en les citant nommément, avait pris l’habitude de lire avant chaque répétitions un quotidien sénégalais (dont je tairais le nom) qui avait publié la liste des fameux acteurs de cette réussite sportive historique. Un grand artiste a toujours ce besoin d’ancrer son art dans le réel et de documenter l’histoire.
Cependant, du point de vue d’Assane Mboup apparaîssait un goût d’inachevé quant à la seconde partie. L’instrumentiste Oumar Coly qui a longuement cheminé avec l’artiste, (depuis ses débuts, quand il chantait en jouant du « bongo »), observait le silence de son compagnon. Il l’interpella donc, en le taquinant, car il le savait très inspiré. C’est alors qu’Omar exhorta le groupe à laisser à son acolyte, quelques minutes, histoire de mieux organiser son idée.
Bien leur en a pris, Assane Mboup leur sortira un refrain magnifique inspiré du chant des supporters devenu célèbre grâce au match remporté contre le Maroc à domicile lors des éliminatoires de la coupe du monde 2002 (14 juillet 2001). Beaucoup vont se souvenir de la célébration de Aliou Cissé qui tenait le drapeau national chantonnant en boucle « Yaay jàmbar a nge. Yaay jàmbar a nge. Yaay jàmbar« . Il calque ce passage qui l’avait séduit pour ne plus jamais le quitter à la gamme vocale serere. Le chant doit être responsoral et en ornementations. L’idée est donc d’utiliser des inflexions de gorge et marquer le rythme pour donner une polyphonie mélodieuse et agréable. C’est ce qui donnera la seconde partie de ce qui va devenir un hymne de soutien et de célébration pour l’équipe nationale de football du Sénégal. Le morceau n’a rien d’une commande commerciale mais tient plus tôt d’une organique née de répétions intenses, appliquées et sérieuses.
Cette production va devenir, au fil des années, une œuvre appréciée pour son caractère patriotique et l’énergie qu’elle dégage. Beaucoup y voient un des hymnes les plus marquants dédiés aux Lions de la Teraanga, une œuvre référence et authentique du patrimoine musical sénégalais.








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