Discours de la haine-Sylvain Ekenge : un arbre cachant la forêt (Dr. Alex Mvuka)

Le général Sylvain Ekenge a diffusé un discours de la haine sur la chaîne de la télévision nationale en RDC, dans lequel il développe une théorie raciste et génocidaire contre les Tutsi et appelle à la haine, notamment contre les femmes tutsi. À la suite des dénonciations venues du monde entier, le gouvernement congolais l’a suspendu de son poste de porte-parole de l’armée nationale, sans toutefois le traduire en justice. Source: Dr. Alex Mvuka pour Le Canapé.rw 

Discours de la haine-Sylvain Ekenge : un arbre cachant la forêt (Dr. Alex Mvuka), Information Afrique Kirinapost

Le général Ekenge a diffusé son discours sur la chaîne de la télévision nationale. Il est le porte-parole de l’armée nationale.

Cette analyse démontre que le discours du général Ekenge est l’expression d’une culture profondément ancrée dans le système de gouvernance en RDC. Ce mode de pensée au sein des acteurs étatiques constitue non seulement l’une des causes des conflits au Kivu mais est devenu un facteur de mobilisation populaire. L’article démontre que le président Félix Tshisekedi incarne ces discours de haine ainsi qu’une idéologie anti-tutsi portée par son régime.

Enfin, l’analyse démontre que le général Ekenge représentait la vision du chef de l’Etat et commandant suprême des forces armées, le président Félix Tshisekedi. En suspendant le général Ekenge, il ne devient qu’une victime expiatoire.

Une opinion officielle ou personnelle ?

L’opinion publique repose sur l’interprétation d’actions qui se manifestent publiquement. Le général Ekenge a diffusé son discours sur la chaîne de la télévision nationale. Il est le porte-parole de l’armée nationale, une personne désignée pour transmettre officiellement au public et aux médias les informations, les positions et les opérations des forces armées, du ministère de la Défense et du commandant suprême. Il était en uniforme militaire et placé sous le drapeau national. Il donnait une mise à jour sur la situation générale de la guerre. Il était invité spécifiquement en tant que porte-parole de l’armée.

Il avait visiblement préparé son discours, qui a très probablement été validé par l’administration militaire de l’armée nationale. Il ne s’agissait pas d’un simple discours improvisé : l’interview était formelle et considérée.

Le général Ekenge a exprimé la logique, le modèle et les pratiques des politiques fondées sur la haine à l’encontre des Tutsi. Parler mal des tutsi est une valeur et non le contraire. Les Tutsi sont en RDC considérés comme des personnes entièrement à part.  C’est pourquoi le général les appelle ”race supérieure”. Sylvain Ekenge croyait bien faire. Il n’avait pas besoin de passer par un langage codé. Il savait que l’opinion nationale était entièrement d’accord avec lui.

Discours de la haine, origine de la guerre du Kivu

Le général Ekenge a exprimé une pensée à la fois historique et largement répandue. Les régimes successifs de la RDC ont perpétué une politique de marginalisation et de persécution à l’encontre des Banyamulenge et des autres Tutsi congolais. Cette politique s’est accompagnée de campagnes de discours de haine suggérant que ”les Banyamulenge/Tutsi sont des Rwandais qui doivent être expulsés du pays”, ou encore : ”Banyarwanda kabila mubaya” (les Tutsi sont une mauvaise tribu), ”Banyarwanda, kabila muchafu” (les Tutsi sont une sale tribu).

Une loi sur la citoyenneté a été adoptée en 1981 dans le but de déposséder les Banyamulenge et les Tutsi congolais de leur citoyenneté. Cette phase a été accompagnée d’une campagne de haine véhiculée par des slogans tels que ” Banyarwanda bote barudiye kwabo” ou ” Que tous les Rwandais rentrent chez eux”. Entre 1982 et 1987, les messages de haine se sont intensifiés, s’inscrivant dans un processus de diabolisation, voire de criminalisation, de la communauté tutsi. En conséquence, les membres du groupe banyamulenge/tutsi se sont vu refuser le droit de vote et le droit de se présenter aux élections parlementaires au motif qu’ils étaient de ”nationalité douteuse”, tandis que certains ont été publiquement humiliés, arrêtés, menacés et d’autres tués. Dans son véritable fief politique à Bruxelles, le président Tshisekedi a récemment rappelé ce vieux refrain : ”Nous allons être particulièrement vigilants face aux personnes à nationalité douteuse”. Tout le monde comprend de qui il parle. Lire la Suite ICI 

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