« Ce qu’il se passe chez nous se retournera contre l’Occident » (Rami Abou Jamous)

Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l’armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025.

Jeudi 5 mars 2026.

Le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran n’a pas été une surprise. Benyamin Nétanyahou en parlait depuis longtemps. Les déclarations de Donald Trump et le déploiement d’une force navale américaine laissaient peu de place au doute. On voyait bien que les négociations en cours n’étaient qu’un leurre.

D’habitude, je n’aime pas trop parler de politique. Mais j’ai été frappé par la couverture médiatique de cette guerre. Comme c’est l’usage depuis la première attaque de juin 2025, les médias mainstream justifient l’agression en disant que c’est contre « le régime des mollahs ». Si on émet la moindre critique, on « défend le régime des mollahs ». N’est-il pas légitime de bombarder ce régime dont la description semble devenue synonyme de « terroriste » ?

« Ce qu’il se passe chez nous se retournera contre l’Occident »  (Rami Abou Jamous), Information Afrique Kirinapost

Téhéran, dans la nuit du 7 au 8 mars 2026. Cette capture vidéo tirée d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux montre un incendie qui s’est déclaré dans un dépôt pétrolier à Téhéran, la capitale iranienne après des bombardements des États-Unis et d’Israël. © UGC / AFP

L’image représente la couverture d’un livre intitulé « Journal de bord de Gaza » de Rami Abou Jamous. Au-dessus du titre, on trouve l’indication « Prix Bayeux 2024 ». La couverture illustre des silhouettes de bâtiments, avec une représentation graphique qui suggère un paysage urbain. Il y a également des éléments visuels, comme une flamme, qui ajoutent une dimension symbolique au contenu. En bas, une figure semble assise, renforçant le caractère personnel et poignant du récit. Le tout est présenté avec un design minimaliste et des couleurs sombres.

Jeudi 5 mars 2026.

Le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran n’a pas été une surprise. Benyamin Nétanyahou en parlait depuis longtemps. Les déclarations de Donald Trump et le déploiement d’une force navale américaine laissaient peu de place au doute. On voyait bien que les négociations en cours n’étaient qu’un leurre.

 

D’habitude, je n’aime pas trop parler de politique. Mais j’ai été frappé par la couverture médiatique de cette guerre. Comme c’est l’usage depuis la première attaque de juin 2025, les médias mainstream justifient l’agression en disant que c’est contre « le régime des mollahs ». Si on émet la moindre critique, on « défend le régime des mollahs ». N’est-il pas légitime de bombarder ce régime dont la description semble devenue synonyme de « terroriste » ?

Les pays occidentaux sont mal placés pour critiquer l’Iran

« Mollah » est un terme religieux. Chez les chiites, il désigne un membre du clergé, un savant en théologie. En Iran, ce sont en effet les religieux qui sont censés diriger le pays, selon la doctrine de la « gouvernance des clercs ». Mais il y a d’autres acteurs importants comme les Gardiens de la révolution, les pasdaran. Le monde semble choqué par cette référence religieuse, alors qu’il ne voit pas d’inconvénient à ce que le pouvoir israélien se présente lui aussi comme basé sur la religion, en se déclarant « l’État des juifs ». L’Iran, lui, n’a pas été créé par l’occupation d’un autre pays. Ne parlons pas des États-Unis où le président organise des prières dans son bureau, devant les caméras, pour donner une légitimité religieuse à la guerre qu’il mène contre l’Iran.

la règle, ce n’est plus la loi internationale, mais l’interprétation d’un livre sacré.

Cette référence est aussi convoquée pour décrire les ambitions stratégiques du gouvernement Nétanyahou. Alors qu’il veut interdire l’expression palestinienne « de la mer au Jourdain », qui pourtant figure dans la charte de son parti, le Likoud, Nétanyahou a évoqué l’idée du Grand Israël, projet historique des sionistes de droite, qui pourrait englober une grande partie des territoires des États de la région, de l’Égypte à l’Irak, en passant par la Syrie et le Liban. L’ambassadeur états-unien en Israël, Mike Hucckabee, a approuvé, déclarant dans une interview récente que « ce serait bien si Israël prenait tout », en parlant des terres situées « entre le Nil et l’Euphrate ». Huckabee est un ancien pasteur évangélique qui se définit comme un « croyant biblique ».

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