Hier, 3 septembre, Thia, mon binôme s’en est allé…

Mon binôme s’en est allé…Hier, 3 septembre 2026, nous avons inhumé mon frère, l’artiste peintre Mamadou Ndiaye Thia, auprès de sa mère, Fatou Mané, aux Bahya de Yoff.

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Mon frère Thia (D) et moi. Paix à son âme

Mon frère cadet a été rappelé à Dieu le 2 septembre 2026, juste après 15 heures. Une occasion ici pour remercier du fond du cœur tous ceux qui ont appelé, qui ont fait le déplacement et qui, de près ou de loin, nous ont témoigné leur compassion et leur solidarité dans cette douloureuse épreuve.

Je remercie également, au nom de toute la famille, toutes celles et tous ceux qui ont marqué leur solidarité en contribuant aux frais médicaux. L’artiste Mamadou Ndiaye Thia était une identité remarquable de la communauté artistique sénégalaise.

Malgré sa dimension internationale, il était résolument ancré dans ses espaces d’origine : sa localité de naissance, Dakar-Plateau, et les îles du Saloum, précisément l’île de Bassoul, village d’origine de notre mère, où lui et moi avons été immergés durant notre enfance pour y faire nos humanités. Nous partagions cet engagement pour l’art et la culture depuis plus de quarante ans.

Mamadou Ndiaye « Thia », lauréat du Premier Prix 2007 du Salon national des arts visuels 

Nous avons mené ensemble des combats en ce sens, parce que nous étions, lui et moi, des militants de la culture. Artiste engagé sur différents fronts, Mamadou Ndiaye « Thia », lauréat du Premier Prix 2007 du Salon national des arts visuels, s’est notamment investi dans la formation des tout-petits aux arts visuels, en complement de leur education artistique.

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Ses œuvres ont traversé les continents…

Thia était aussi engagé sur les questions d’écologie et d’environnement, en particulier dans la défense de la mer, aux côtés de Greenpeace, de Mundus Maris et de l’État du Sénégal. Il était également, à sa manière, un disciple de la pensée de Cheikh Anta Diop, en se positionnant comme un farouche promoteur de l’appropriation, par les artistes, du patrimoine et de l’histoire africaine.

Avec une écriture graphique structurée par une africanité assumée, il a présenté en 2002 au public sénégalais sa collection « Le Signe Africain », résultat d’un travail de recherche sur les formes africaines entamé en 1998, à la suite d’une rencontre avec le professeur Alioune Badiane, expert et directeur de l’École nationale des Arts, auquel il avait soumis son travail d’artiste autodidacte.

Un artiste engagé en faveur de la Palestine et du panafricanisme 

Dans la continuité de cette démarche, Thia a ensuite développé, au fil des années, la collection « Retour vers le Créateur ». Entre 2006 et 2009, l’artiste a travaillé sur des toiles et des sculptures axées sur le thème de la lutte traditionnelle sénégalaise, regroupées dans la collection « La Clameur des Arènes », exposée en 2009 à la Galerie nationale du Sénégal.

Il tint également, en 2010, avec l’artiste palestinien Hani Zurob, une exposition intitulée « Luttes », présentée dans le hall du Théâtre Daniel-Sorano. Cette exposition s’inscrivait dans le prolongement du soutien de la Nation sénégalaise à la cause palestinienne. Annas Beder, secrétaire d’ambassade, ainsi que l’ambassadeur de Palestine, étaient présents au vernissage.

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Artiste, peintre et sculpteur

Tout cela pour dire que mon frère cadet, l’artiste Mamadou Ndiaye « Thia », qui vient de nous quitter, avait à cœur le travail d’animation culturelle et le rayonnement international du Sénégal.On aurait pu multiplier les exemples.

Directeur du Festival Miroir International

La présence, en terre sénégalaise, d’artistes venus de Russie, d’Italie, de Belgique, de Finlande, de France ou encore d’Espagne, témoigne de nombreux projets culturels à travers lesquels Mamadou Ndiaye Thia œuvrait, par les canaux de la diplomatie culturelle, à rapprocher les hommes et les peuples. Il a également œuvré, en 2006, à une contribution à la paix en Casamance, en duo avec l’artiste Djakass Badji, à travers l’exposition « Aguen et Diambone ».

Thia était aussi le directeur d’un festival, le Festival Miroir International (FESMIR). Il laisse à la postérité une immense collection d’œuvres, mais aussi une empreinte profonde dans le paysage artistique et culturel sénégalais.

Au-delà de l’artiste, c’est mon frère, mon compagnon de route, mon binôme, qui vient de s’en aller. Nous avons partagé une enfance, des souvenirs, une passion, des convictions et plus de quarante années d’engagement pour l’art et la culture.

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Panafricaniste, Thia a milité toute sa vie en faveur du dialogue des cultures

Aujourd’hui, la douleur est immense. Mais je veux croire que son œuvre, ses combats, ses engagements et les valeurs qu’il a défendues continueront de vivre à travers ceux qui l’ont connu, aimé et accompagné. Prions pour le repos de son âme.

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Elijah Moses, Moussa Ndiaye à l'état civil est d'abord un Juriste-Conseil d’Entreprise, Spécialiste de la Gouvernance Locale.Cadre à la Ville de Dakar, il a été Secrétaire Municipal des Communes de Grand Dakar, Dakar Plateau et des Parcelles Assainies. Elijah Moses est son nom d'artiste puisqu'il est également Artiste plasticien. Il pose son regard de juriste et d'artiste sur l'évolution de son Dakar et de son pays. Ces expositions et ses photos sur la capitale sont nombreuses. Pour Kirinapost, Elijah Moses ce citoyen engagé va apporter ses analyses sur la transformation et bouleversement des cités.

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