Exploitation du bois, commerce du chocolat… Les entreprises mondiales contribuent à détruire le vivant, alors que leurs activités en dépendent. Le « Giec de la biodiversité » révèle dans un rapport d’ampleur les conséquences de ce système. Source: Reporterre

La déforestation progresse grandement en Papouasie du Sud-Ouest, ici en décembre 2024, menaçant les terres ancestrales des tribus papoues. – © Handout / Auriga Nusantara / AFP
L’ensemble des entreprises de la planète dépendent de la biodiversité… et toutes contribuent à la détruire. Telle est la principale conclusion du dernier rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (l’IPBES, l’équivalent du Giec de la biodiversité), portant sur les entreprises, et publié le 9 février.
Son constat n’est certes pas des plus surprenants, mais ce rapport, fruit du travail de 79 experts internationaux pendant trois ans, a le mérite d’objectiver les conséquences effarantes de notre système économique sur le vivant, et la faiblesse des régulations en place pour les atténuer.
Quelques chiffres tirés du « résumé aux décideurs », synthèse d’une quarantaine de pages approuvée par les 150 gouvernements membres de l’IPBES, permettent de prendre la mesure de la gravité de la situation. En deux siècles, notre économie a explosé, passant de 1 180 milliards de dollars en 1820 à 130 110 milliards de dollars en 2022 (environ 998 milliards d’euros à 110 milliards d’euros).
« Le fait de ne pas tenir compte de la nature ni d’intégrer ses valeurs dans les systèmes économiques et financiers a conduit à sa dégradation », constatent les experts. Depuis 1992, ce que l’IPBES nomme les « stocks de capital naturel » (c’est-à-dire les écosystèmes et leurs ressources) ont diminué de près de 40 %. Le capital produit par l’humain (bâtiments, machines…) a de son côté grimpé, en moyenne, de 100 % par personne.
Un serpent qui se mord la queue
Entre le mal infligé au vivant par les entreprises et les maigres tentatives d’y remédier, un écart abyssal s’est creusé. En 2023, estiment les experts, les flux financiers mondiaux ayant eu des répercussions négatives sur le vivant se sont élevés à 7 300 milliards de dollars (près de 6 100 milliards d’euros). Environ deux tiers de ces flux relevaient de financements privés, et le reste de dépenses publiques, sous la forme de subventions néfastes.
À l’inverse, seuls 220 milliards de dollars (186 milliards d’euros) de flux publics et privés (soit environ 3 % de la somme précitée) ont été alloués à des activités contribuant à la conservation ou à la restauration de la biodiversité. Autrement dit : tandis qu’une foule dynamite la cathédrale du vivant, une poignée tente de restaurer un bout de vitrail. Lire La Suite ICI








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