L’ethno-photographe Matar Ndour est remonté contre la RTS et il y a de quoi….

Matar Ndour, photographe dont le travail sur le patrimoine et la mémoire fait référence.
Dimanche dernier, le 11 janvier, dans la rubrique culture du 20 heures de la RTS, un reportage au musée Théodore Monod a montré en grande partie des images de l’exposition Sur les traces de la charte du Mandé » de Matar Ndour sans le consentement de l’artiste.
«Je suis très fâché et remonté contre la RTS1.Le reportage en question montre des images et des installations qui font partie de mon travail de recherche « Sur les traces de la charte du Mandé « exposé à l’étage, sans mon consentement au préalable, sans citer l’œuvre encore moins l’auteur, une atteinte grave du droit d’auteur, principe sacré au droit de publication» a réagi le photographe sur ses réseaux sociaux.

Le photographe Matar Ndour ici en compagnie des élèves du collège de la Cathédrale venus visiter l’exposition
L’exposition de Matar Ndour « Sur les traces de la charte du Mandé » sous la direction du professeur Ibrahima Wane directeur du laboratoire de Littérature Langues et Sociétés d’Afrique de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, s’est tenue du 26 novembre 2025 au 5 janvier 2026 et a retracé l’histoire de la Charte du Mandé proclamée en 1236 par l’empereur Soundjata Keïta. Des visites dédiées aux écoles et des panels, sur ses aspects juridiques, sur le patrimoine, la mémoire ont accompagné l’exposition durant toute sa durée.
«Ce travail de recherche de plus de quatre ans, entre voyage, collecte de données et de rencontres a abouti grâce à un partenaire stratégique l’ambassade des Pays-Bas au Sénégal, sans aucun je dis bien aucun accompagnement de mon ministère de tutel, celui de la culture» a tenu à préciser le photographe connu pour ses travaux avec le défunt socio-anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao.
CConservée par les griots et transmise de génération en génération, elle est aujourd’hui considérée par beaucoup de spécialistes comme étant l’une des premières déclarations des droits de l’homme au monde. Elle a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009.

Extrait de la charte du Mandé exposé au musée Théodore Monod…
Cependant, la charte reste peu connue dans le Sahel même. C’est pourquoi l’historien Abdarahmane Ngaïdé, alors qu’il prenait part à un panel dans le cadre de l’exposition, avait attiré l’attention sur l’utilisation pratique de cette charte, plaidant pour qu’elle ne reste pas juste un sujet de débat entre intellectuels.
C’est justement dans ce travail de réappropriation et de diffusion, de cette œuvre si précieuse que s’incrit le travail Matar Ndour bien accompagné par l’ambassade des Pays-Bas et la délégation Wallonie-Bruxelles entre autres. Rien que pour cela, le photographe mérite plus de respect.








Laisser un commentaire