« Vivre sous la loi de la jungle » (Par Rami Abou Jamous)

Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l’armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025. Source: Orient XXI 

Rami Abou Jamous La semaine dernière, un communiqué signé du Haut conseil de la justice relevant du gouvernement du Hamas a annoncé la réouverture des tribunaux, en commençant par les tribunaux de première instance. Tous les procès en cours avant la guerre sont gelés, a précisé le communiqué. Ils reprendront plus tard, si la justice refonctionne un jour normalement. On commence à voir les effets de la destruction du système judiciaire par les Israéliens. Tout a disparu. Les tribunaux, les archives, tout ce qui se rapporte à l’enregistrement des propriétés, le cadastre…

« Vivre sous la loi de la jungle » (Par Rami Abou Jamous), Information Afrique Kirinapost

Gaza-ville, le 28 décembre 2025. Un camp de fortune abritant des Palestiniens déplacés, érigé le long de la plage près du port maritime, à l’ouest de la ville de Gaza, après de fortes pluies. ©MAJDI FATHI / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Les conséquences sont très concrètes. Pendant la guerre, les Gazaouis qui voulaient partir ont vendu leurs biens. Mais comme le cadastre n’existait plus, envolé en fumée, les gens ont cherché des solutions de rechange. Ils ont fait des contrats chez des avocats. D’autres ont conclu des accords privés, sans aucun enregistrement juridique. Ils ont fait cela via des vidéos transmises par WhatsApp, où par exemple un propriétaire dit « Je m’appelle X, j’ai vendu ma voiture à untel, à telle date et pour telle somme ». Le vendeur et l’acheteur prévoient de régulariser la transaction le jour où le bureau des cartes grises rouvrirait. Si le vendeur est à l’étranger, souvent réfugié en Égypte, il peut signer à l’ambassade de Palestine une procuration pour déléguer la vente à quelqu’un qui est resté à Gaza. Les ambassades sont gérées par l’Autorité palestinienne, mais le gouvernement du Hamas à Gaza accepte ces procurations, pour faciliter la vie des gens.

Plus l’espace se rétrécit, plus les prix montent

Malheureusement, ces solutions alternatives ne sont pas toujours fiables. Elles ont donné lieu à de nombreuses falsifications. Beaucoup de gens ont ainsi vendu des voitures, ou d’autres biens, qui ne leur appartenaient pas. Dans de nombreux autres cas, les vendeurs étaient morts, décédés en exil ou tués dans les bombardements et les attaques israéliennes à Gaza. Il est alors difficile de prouver que la transaction a eu lieu. Ou bien ce sont les héritiers d’une personne disparue qui veulent vendre ses possessions, simplement pour survivre. Mais pour cela, il faut un acte de décès et un tribunal pour l’enregistrer et les reconnaître comme héritiers du défunt. Autant de choses impossibles jusqu’ici. Lire la Suite ICI

 

 

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