Mamadou Konté 12 ans déjà…

Mamadou Konté (20 juin 2007 – 20 juin 2019)
Voilà déjà 12 ans qu’il nous a quittés. Il fut un illustre fils du continent africain. Un homme de culture qui a beaucoup oeuvré pour le rayonnement de la musique africaine.

La culture pleure toujours Mamadou Konté. Ses fameux dreadlocks, sa silhouette légendaire et surtout ses idées révolutionnaires manquent terriblement au monde des arts. L’initiateur du grand festival Africa Fête est sans nul doute un des plus grands artisan et militant de la culture du continent.

Créé en 1978 à Paris, Africa Fête (La première édition s’est tenue l’hippodrome de Pantin), deviendra un des plus grands événements musicaux dédiés au continent. Il aura lieu à New York et Dakar et s’installera à Marseille également.

Mamadou Konté est né à Tambacounda. Il arrive en France en 1966. Militant de gauche engage, il commence à produire des concerts pour sortir de la logique de l’émigration et du retour au pays selon Stoleru (le secrétaire d’Etat de Raymond Barre avait inventé le « million Stoleru », une prime de 10 000 francs pour les retours volontaires) comme il le rappelle à Véronique Mortaigne dans un entretien au Monde en 2006.

Agitateur culturel, Mamadou Konté voit l’arrivée de François Mitterand et de la gauche au pouvoir en 1981 comme une opportunité formidable. La culture prend une place importante dans les politiques publiques. Africa Fête va profiter de cet environnement pour devenir un événement incontournable. Il fera tourner Manu Dibango, Papa Wemba, Youssou Ndour, Alpha Blondy, pour ne parler que d’eux. Mamadou Konté deviendra un temps le manager de Salif Keita et contribuera grandement à la signature de l’artiste malien chez Polygram. Il gérera aussi la carrière d’Angelique Kidjo. L’homme à la célèbre barbiche, fera découvrir au monde Positive Black Soul également. Sa vision ne s’arrêtait pas à la musique uniquement. Il s’intéressait à l’environnement, aux migrations, à la pauvreté

Jusqu’à la fin de sa vie, Mamadou Konté s’est battu pour que la culture africaine prenne toute sa place dans le monde. L’un de ses derniers combats, la professionnalisation de l’industrie musicale, il y a consacré toutes ses énergies. Le centre culturel qu’il créa à Dakar en 1994, dénommé la Villa Tringa, entrait dans cette perspective.

R.I.P. M.K. !
Les grands hommes ne meurent jamais !

Photo: Mamadou Konté & Chris Blackwell (Island Records) au Farafina Paris 1986
Crédit photo: Bill Akwa Bétotè

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