Johnny Clegg, dix pensées à retenir…

Le chanteur sud-africain Johnny Clegg s’est éteint mardi à l’âge de 66 ans. Terrassé par un cancer contre lequel il luttait depuis 4 ans, le « Zoulou blanc » comme on l’appelait est une figure du combat anti-apartheid. Johnny Clegg, anglais d’origine venu s’installer avec sa mère en Afrique du Sud, deviendra un des plus brillants ambassadeurs de la culture Zoulou. Engagé, il refusera de prendre la nationalité sud africaine durant le temps que Nelson Mandela demeurait en prison. Johnny Clegg est une icône de la lutte anti-ségrégation et une icône de la liberté au même titre que Miriam Makeba, Desmond Tutu, Hugh Masekela, Winnie & Nelson Mandela… Ce chantre du dialogue des cultures mérite que l’on s’arrete sur ses pensées et ses réflexions pour offrir sa vie en exemple à la jeunesse du continent. Dix pensées à retenir…

« Il faut une sacrée dose de courage et de tempérament pour dire à un Noir : « Oublions la politique et devenons amis. » C’est le drame de l’apartheid, ce système déshumanise les rapports entre personnes. »

« J’ai fait mon ­apprentissage d’homme à travers une autre culture, parce que celle qu’on m’offrait dans ma propre société était en pleine banqueroute. » 

« L’Afrique du Sud est un très beau pays et habité par des gens merveilleux. Il existe une tension créatrice très positive, qui me manque quand je suis loin. C’est aussi là que j’ai grandi. C’est ma patrie.

« En Afrique, la musique et la poésie, sont des moyens uniques extraordinaires pour perpétuer l’histoire. Une mélodie peut être un véritable cours, en Afrique. »

 « Je ne sais pas proposer de solution, mais seulement dire que l’on attend quelque chose de nouveau. La chanson “Asimbonanga » ne dit pas « Libérez Mandela », mais qu’une génération entière a grandi sans le voir. Je me glisse dans les problèmes politiques par la porte de derrière en posant des questions. »

« Je ne suis pas un combattant. Seulement un témoin. Mes chansons sont des témoignages du temps. Plus tard, en écoutant mes douze albums, on pourra deviner ce que les gens pensaient à l’époque. »

« C’est facile de gagner une bataille, bien plus compliqué d’en gagner plusieurs.Quand on se bat, c’est pour vivre »

« Parfois, le doute ou la peur s’emparait de nous. Mais dès que Nelson Mandela s’exprimait à la radio ou à la télévision, sa voix, à la fois puissante et irradiante d’amour, nous redonnait courage.

« Madiba avait, en outre, un grand sens de l’humour, qu’il savait conjuguer avec les vertus de sa bravoure. Il accordait une oreille attentive et respectueuse à ses interlocuteurs, y compris à ses adversaires. Des qualités particulièrement précieuses dans un contexte où primaient le racisme et la démagogie. »

« Je me rends compte que, même si je suis un personnage public, c’est l’expérience la plus solitaire que j’aurai jamais vécue. Je suis seul face à la mort. C’est finalement une position très zoulou »

 

 

 

 

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